Une atmosphère « comparable au goulag »

Meta, autrefois perçu comme un employeur de rêve offrant salaires confortables et prestige, est désormais le théâtre d'un profond mécontentement. Selon des informations récentes, de nombreux employés décrivent leur environnement de travail comme « littéralement le goulag ». Plusieurs rapports font état d'un moral en berne et de protestations ouvertes, certains salariés n'hésitant pas à proférer des insultes à l'encontre de leurs supérieurs lors de réunions diffusées en direct à des milliers de collègues, qui auraient manifesté leur approbation.

Des licenciements en cascade pour financer l'IA

Cette dégradation des conditions de travail est attribuée à la priorité absolue donnée par Mark Zuckerberg au développement de l'intelligence artificielle (IA). Ce virage stratégique a entraîné plus de 25 000 suppressions de postes depuis 2022, dont 8 000 supplémentaires ce mois-ci. Ces coupes budgétaires visent à dégager des fonds pour recruter des ingénieurs et dirigeants spécialisés dans l'IA, souvent à des salaires très élevés.

Un travail « vide de sens » et une surveillance accrue

Les employés qui ont conservé leur poste décrivent des tâches répétitives et sans intérêt. Dans l'unité d'élite Applied AI, des ingénieurs hautement qualifiés sont chargés de concevoir des puzzles et des problèmes de codage destinés à entraîner les modèles d'IA. Plusieurs témoignages qualifient ce travail de « dévastateur pour l'âme » et indiquent que « presque tout le monde » dans ce service est malheureux.

La situation s'est aggravée lorsque Mark Zuckerberg a annoncé que Meta allait surveiller le travail de ses employés pour former des applications automatisant les tâches, ce qui, à terme, pourrait remplacer les travailleurs humains. Cette annonce a suscité un sentiment de trahison parmi les équipes.

Un incident révélateur lors d'une présentation

Un incident récent illustre la colère ambiante. Lors d'une présentation en direct ouverte à des milliers d'employés, un intrus a fait une sortie « remplie de jurons », se plaignant d'être « la chienne de l'entreprise ». Il a également exhorté les participants à écrire à un dirigeant non nommé de l'IA de Meta pour « lui dire que c'est un trou du c* * * ». De nombreux employés présents auraient soutenu cette protestation.

Un contraste frappant avec le passé

Meta, anciennement Facebook, était réputé pour son ambiance de travail décontractée et ses avantages prestigieux. Aujourd'hui, les employés qualifient leur vie professionnelle de « misérable », regrettant l'époque où travailler pour l'entreprise était un gage de sécurité et de fierté. Le fossé entre la promesse initiale et la réalité actuelle alimente un ressentiment profond.

Des implications pour l'avenir du travail

Ce malaise chez Meta s'inscrit dans un contexte plus large de transformation du marché du travail sous l'effet de l'IA. Alors que le patron de Microsoft a récemment alerté sur une polarisation accrue des secteurs, les témoignages en provenance de Meta montrent concrètement comment la course à l'IA peut créer un environnement de travail toxique. La question de l'équilibre entre innovation technologique et bien-être des employés se pose avec acuité, alors que des milliers de postes sont supprimés pour financer des technologies qui pourraient à terme automatiser ces mêmes emplois.