L'enquête concernant la disparition et la mort de Lyhanna, 11 ans, a franchi une nouvelle étape judiciaire. Le procureur de la République d'Agen, Olivier Naboulet, a indiqué que les charges pesant sur le principal suspect, Jérôme Barella, ont été alourdies. Ce dernier est désormais mis en examen non seulement pour viol sur mineur, mais également pour meurtre. Cette décision fait suite aux premiers résultats des examens médico-légaux pratiqués sur le corps de l'enfant.

Des conclusions médico-légales partielles

Si les analyses conduites sur la dépouille de Lyhanna ont permis d'établir de manière formelle qu'elle a subi un viol, les expertises n'ont pas encore déterminé avec certitude l'origine de son décès. Le procureur a précisé que "des examens complémentaires en anatomopathologie sont nécessaires, de même qu'une analyse toxicologique". Ces investigations supplémentaires devraient prendre plusieurs semaines avant de livrer leurs conclusions.

Un contexte de dysfonctionnements révélés

L'affaire avait déjà suscité une vive émotion après la révélation que Jérôme Barella faisait l'objet, avant les faits, d'une plainte pour viol sur une autre mineure. Cette procédure avait été transmise par courrier simple entre les parquets concernés, sans qu'aucune mesure de protection n'ait été prise à l'encontre du suspect. Une enquête administrative a été ouverte dès le début du mois de juin pour faire la lumière sur ces dysfonctionnements.

La mère de Lyhanna a, par ailleurs, déposé une plainte contre l'État et l'ancien garde des Sceaux, dénonçant les manquements qu'elle estime avoir été commis par l'institution judiciaire. Elle pointe un défaut de protection qui aurait, selon elle, permis le drame.

Un suspect déjà connu des services

Jérôme Barella, un quadragénaire, avait été placé en garde à vue puis mis en examen dans le cadre de la disparition de Lyhanna. Il avait d'abord été soumis à un contrôle judiciaire strict avant que les charges ne soient alourdies. L'élargissement des qualifications à celles de meurtre et de viol sur mineur marque un tournant dans la procédure.

L'affaire continue de susciter des interrogations sur le traitement des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs et la coordination entre les juridictions. L'enquête se poursuit sous l'autorité du parquet d'Agen, en attendant les résultats des analyses complémentaires.