Alors que Marine Le Pen a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 le 7 juillet dernier, son entourage détaille désormais les contours de la campagne à venir. Julien Sanchez, député du Rassemblement national et porte-parole de la candidate, a évoqué une « campagne de terrain offensive », marquée par des déplacements fréquents et un contact direct avec les électeurs. Cette annonce intervient alors que la candidate effectue son premier déplacement de campagne dans la commune de La Flèche, dans la Sarthe, aux côtés de Jordan Bardella.
Un lancement de campagne dans la Sarthe
Le choix de La Flèche n’est pas anodin. Cette ville de la Sarthe, où Marine Le Pen s’est rendue en compagnie du président du Rassemblement national, est présentée comme une « terre de mission » par l’équipe de campagne. La candidate y a rencontré des habitants et des acteurs locaux, dans une démarche qu’elle souhaite ancrée dans les territoires. Interrogée sur ce lancement, Marine Le Pen a affirmé ne pas « jouer la montre » et a assuré qu’elle n’avait « pas hésité » à se présenter, malgré le contexte judiciaire.
Une stratégie tournée vers le terrain
Julien Sanchez a précisé que cette campagne serait « offensive » et « de terrain », rompant avec une approche trop médiatique. Selon lui, l’objectif est d’aller à la rencontre des Français là où ils vivent, de « les écouter et de leur parler de leurs préoccupations quotidiennes ». Cette méthode s’inscrit dans la continuité des campagnes précédentes du Rassemblement national, qui misent sur la proximité et la mobilisation des militants.
Le spectre judiciaire plane sur la candidature
L’ombre de la justice continue de peser sur la candidate. Marine Le Pen a été condamnée en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens, une décision qui pourrait avoir des répercussions sur sa capacité à se présenter. Toutefois, son entourage se montre confiant. Plusieurs proches estiment que la décision de la Cour de cassation, qui doit se prononcer sur le pourvoi, « va enjamber la présidentielle », selon une expression rapportée par des sources proches du parti. Autrement dit, ils espèrent que le verdict interviendra après le scrutin, permettant à la candidate de mener sa campagne sans être entravée par une décision d’inéligibilité immédiate.
Une candidate déterminée
Marine Le Pen a réaffirmé sa détermination à aller jusqu’au bout. « Je ne joue pas la montre », a-t-elle déclaré, en référence aux critiques qui l’accusent de retarder l’échéance judiciaire. Elle se présente comme la seule capable de rassembler les Français autour d’un projet de « renaissance », slogan qu’elle a choisi pour sa campagne. Ce premier déplacement dans la Sarthe marque le début d’une séquence intensive, qui devrait voir la candidate multiplier les déplacements dans les semaines à venir.
L’état-major du RN mobilisé
L’ensemble de l’appareil du Rassemblement national est désormais en ordre de marche. Jordan Bardella accompagne Marine Le Pen sur le terrain, tandis que les cadres du parti sont chargés d’organiser la logistique et la communication. Julien Sanchez a insisté sur la nécessité de « parler à tous les Français », y compris ceux qui ne se sont pas tournés vers le RN lors des précédents scrutins. La campagne entend ainsi élargir sa base électorale, en s’adressant notamment aux abstentionnistes et aux électeurs déçus des autres formations.
Incertitudes sur le calendrier judiciaire
Reste à savoir si le calendrier judiciaire permettra à Marine Le Pen de mener cette campagne jusqu’au bout. La Cour de cassation doit examiner le pourvoi formé par la candidate, mais aucune date d’audience n’a encore été fixée. En attendant, l’équipe de campagne fait le pari que la justice n’interviendra pas avant le premier tour du scrutin. Une position qui suscite des débats, tant au sein de la classe politique que dans l’opinion publique.
Une opposition qui observe
Les adversaires politiques de Marine Le Pen ne manquent pas de souligner le paradoxe d’une candidate qui se lance dans une campagne électorale alors qu’elle est sous le coup d’une condamnation. Cependant, les sondages continuent de la placer en tête des intentions de vote pour le premier tour, ce qui renforce sa détermination. Pour l’heure, l’équipe de campagne met l’accent sur le fond, avec des propositions sur le pouvoir d’achat, l’immigration et la sécurité.
Avec ce premier déplacement, Marine Le Pen entend donner le ton d’une campagne qui s’annonce mouvementée, entre terrain et prétoires.