Marine Le Pen a franchi une étape décisive dans la course à l'Élysée. Mardi 7 juillet, au lendemain de l'arrêt de la cour d'appel de Paris, elle a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2027. « Ce soir, je suis candidate à l'élection présidentielle », a-t-elle déclaré sur le plateau du 20 heures de TF1, interrogée par Gilles Bouleau.
Cette officialisation intervient quelques heures après que la cour d'appel a confirmé sa condamnation pour détournement de fonds publics européens, prononcée en première instance. La justice l'a reconnue coupable d'avoir employé des assistants parlementaires fictifs entre 2004 et 2016, lorsqu'elle siégeait au Parlement européen. La peine d'inéligibilité a été ramenée à 45 mois, dont 30 avec sursis, une durée qui lui permet de se présenter. La dirigeante de 57 ans a également écopé de trois ans de prison, dont deux avec sursis, la partie ferme devant être exécutée sous bracelet électronique, ainsi que d'une amende de 100 000 euros et du remboursement des sommes détournées.
Pourvoi en cassation et campagne sans bracelet
Dès son annonce, Marine Le Pen a précisé qu'elle se pourvoirait en cassation. « Comme j'ai la possibilité de faire un pourvoi en cassation et que le pourvoi en cassation suspend les effets de l'arrêt, je ferai donc campagne sans bracelet électronique », a-t-elle affirmé. Avant le jugement, elle avait estimé qu'être équipée d'un bracelet électronique compromettrait la liberté de mouvement nécessaire à un candidat. La suspension de la peine par le pourvoi lui permet d'écarter cet obstacle pour la durée de la campagne.
La candidate a salué la décision de la cour d'appel de réduire sa peine d'inéligibilité. « J'ai été heureuse que la cour me rende mon éligibilité », a-t-elle commenté, ajoutant que l'inéligibilité initiale posait « un énorme problème démocratique » en privant les électeurs de choix. Elle a réitéré son innocence : « Nous sommes innocents. » Interrogée sur l'éventualité d'une confirmation de la condamnation par la Cour de cassation, elle a répondu : « Nous verrons », estimant qu'il n'existe « plus de scénario dans lequel je ne peux plus me présenter ».
Un binôme avec Jordan Bardella
Marine Le Pen a également évoqué son tandem avec le président du Rassemblement national, Jordan Bardella. « Nous allons très rapidement, Jordan Bardella et moi-même, démarrer cette campagne présidentielle », a-t-elle déclaré, décrivant un « binôme », un « couple politique » qui formerait un exécutif président-Premier ministre en cas de victoire. À la question de savoir si sa candidature doucherait les ambitions personnelles de Jordan Bardella, elle a répondu que les deux responsables se battent pour la France et que leurs ambitions personnelles ne comptent pas. « Nous offrons aux Français un binôme complémentaire, cohérent et solide », a-t-elle insisté.
La réunion qui a suivi le jugement, au siège du parti dans le 16e arrondissement de Paris, a rassemblé l'état-major du Rassemblement national. La candidate a affirmé que le pourvoi en cassation suspend les peines prononcées, ce qui lui permet de se lancer sans entrave immédiate. L'annonce ouvre une nouvelle phase dans la campagne électorale, alors que les autres candidatures se précisent. La liberté des candidatures et la liberté du choix des électeurs, citées par la cour d'appel dans sa motivation, sont au cœur de la bataille judiciaire et politique que mène Marine Le Pen.