Un refus catégorique

Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), Fabien Roussel, a déclaré ce dimanche 1er juin que « pour nous, il n’est pas envisageable de soutenir Jean‑Luc Mélenchon ou Raphaël Glucksmann » dans la perspective du scrutin présidentiel de 2027. Cette prise de position a été exprimée lors de l’émission « Les 4V », diffusée sur une chaîne d’information en continu. Le dirigeant communiste a ainsi rappelé la ligne actuelle de son parti, lequel entend se démarquer nettement aussi bien de La France insoumise (LFI) que de Place publique, le mouvement fondé par Raphaël Glucksmann.

Ni candidat déclaré, ni calendrier fixé

Fabien Roussel s’est gardé de dévoiler ses intentions pour 2027. Il n’a pas confirmé s’il briguerait lui‑même la fonction suprême, comme il l’avait fait lors de l’élection de 2022. « Je ne me prononce pas encore sur ma candidature », a‑t‑il indiqué, sans évoquer de date butoir pour une éventuelle officialisation. Cette prudence contraste avec la fermeté du refus affiché envers les deux figures de la gauche non socialiste.

Un divorce consommé avec LFI

Les relations entre le PCF et La France insoumise se sont durablement dégradées après l’épisode de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), qui avait réuni la gauche pour les législatives de 2022. Depuis la rupture de cette coalition, les communistes ont multiplié les critiques à l’encontre de Jean‑Luc Mélenchon, qu’ils jugent trop hégémonique et peu respectueux des équilibres internes. En excluant aujourd’hui tout soutien à sa candidature, Fabien Roussel enterre définitivement toute perspective de réédition de cette alliance à l’échelle présidentielle.

Un rejet tout aussi net de Raphaël Glucksmann

De l’autre côté du spectre de la gauche, le chef du PCF a également fermé la porte à Raphaël Glucksmann, eurodéputé et président de Place publique. Les deux hommes avaient pourtant partagé certaines positions, notamment sur l’Europe ou la laïcité, mais Roussel considère désormais que son parti ne peut s’adosser à cette formation politique. « Nous avons notre propre chemin », a‑t‑il résumé, sans autre précision.

Une stratégie d’autonomie

En campant sur cette ligne d’indépendance, le PCF cherche à redéfinir son identité politique après des années d’effacement. Le parti, qui peinait à dépasser les 5 % d’intentions de vote dans les enquêtes d’opinion, tente de se reconstruire sur un socle de propositions sociales et écologistes radicales, tout en maintenant une distance avec les autres forces de gauche. Fabien Roussel n’a pas évoqué d’éventuel rapprochement avec les socialistes, les écologistes ou la gauche radicale d’extrême gauche.

Des conséquences pour l’échiquier politique

Cette déclaration intervient alors que la campagne présidentielle de 2027 commence à s’animer. À droite, Édouard Philippe suscite des interrogations sur ses intentions, tandis que le Rassemblement national espère capitaliser sur les divisions de la gauche. En refusant de soutenir les deux principaux candidats potentiels à gauche – hormis les socialistes encore non départagés – le PCF fragilise un peu plus l’hypothèse d’une candidature unique de la gauche au premier tour. Le secrétaire national du PCF semble ainsi privilégier une stratégie d’affirmation identitaire, quitte à morceler encore l’offre électorale.

Une base militante à convaincre

Au sein même du PCF, la ligne de Fabien Roussel ne fait pas l’unanimité. Plusieurs fédérations locales plaident pour un rassemblement large de la gauche afin de faire barrage à l’extrême droite. Le refus affiché ce dimanche risque d’alimenter les tensions internes, alors que le congrès du parti, prévu pour 2026, doit fixer la stratégie pour l’élection présidentielle. En attendant, Fabien Roussel maintient le cap : ni Mélenchon, ni Glucksmann, et pas encore Roussel.