Le champ des prétendants à l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2027 s'élargit. Ségolène Royal a fait savoir, ces derniers jours, qu'elle sera candidate à la primaire fermée du Parti socialiste. Cette procédure, réservée aux seuls adhérents du parti, doit départager les postulants en vue de l'élection présidentielle.
L'ancienne ministre, qui fut la candidate du PS en 2007 face à Nicolas Sarkozy, a justifié sa démarche en des termes mesurés. « Je prends cette initiative avec humilité, sans égo, et sans posture de supériorité comme on en voit trop », a-t-elle déclaré.
Cette annonce intervient alors que la direction du Parti socialiste a tranché en faveur d'une primaire fermée plutôt qu'ouverte, un choix qui a suscité des débats internes. Le premier secrétaire du parti, Olivier Faure, avait vu sa position désavouée par les militants sur cette question, mais avait indiqué ne pas démissionner pour autant.
Un retour sur le devant de la scène politique
Ségolène Royal, qui occupe actuellement la présidence de l'association France-Algérie, avait été active en 2026 dans le renforcement des liens culturels et diplomatiques entre les deux pays. Sa participation à une réunion en Algérie fin janvier 2026, aux côtés de responsables algériens, avait illustré son implication dans les relations bilatérales.
Sa candidature à la primaire socialiste marque un retour aux joutes électorales nationales. En 2007, elle avait représenté le PS au second tour de la présidentielle, recueillant plus de 47 % des suffrages face à Nicolas Sarkozy. Depuis, elle a occupé plusieurs fonctions ministérielles sous les mandats de François Hollande, notamment à l'Écologie et à l'Éducation nationale.
Une primaire qui s'annonce disputée
L'annonce de Ségolène Royal s'ajoute à une liste déjà fournie de candidatures potentielles ou déclarées au sein de la gauche. Le Parti socialiste, après avoir connu des scores historiquement bas aux scrutins de 2017 et 2022, cherche à reconstruire une dynamique en vue de 2027. La primaire fermée, qui ne sollicite que les quelque 40 000 adhérents à jour de cotisation, vise à garantir l'ancrage partisan du choix final.
D'autres figures socialistes ont fait part de leur intérêt pour la candidature, tandis que des sensibilités diverses coexistent dans le parti : l'aile gauche, représentée notamment par Olivier Faure, les réformistes comme Carole Delga, et les voix plus traditionnelles. Ségolène Royal, qui a toujours cultivé une image de rassembleuse et de figure médiatique, pourrait y jouer un rôle de catalyseur.
Un calendrier électoral encore flou
La date exacte de la primaire socialiste n'a pas encore été fixée. Elle devrait se tenir au premier semestre 2027, avant la présidentielle elle-même. Le parti a précisé que les modalités pratiques, y compris les critères de dépôt des candidatures et le calendrier des débats, seront arrêtés dans les semaines à venir.
Ségolène Royal, en se lançant dans cette course, entend peser sur la ligne politique du PS et offrir une alternative aux électeurs de gauche. Sa candidature est perçue comme un test de la capacité du parti à se renouveler tout en mobilisant ses figures historiques.