Présentée en marge du Computex, l’Acer Predator Atlas 8 se distingue comme la première console portable au monde à être équipée d’un processeur Intel Arc G3. Mais c’est surtout sa version la plus accessible, affichée à moins de 1 000 euros, qui a retenu l’attention des observateurs. Avec un prix de 999 euros, ce modèle vient directement concurrencer la ROG Ally d’Asus. Pourtant, derrière une promesse de rapport qualité-prix séduisant, les premières prises en main révèlent des choix techniques discutables, notamment sur l’écran et les joysticks.
Un écran LCD et des sticks classiques : les principaux compromis
Contrairement à certains concurrents premium, l’écran de la Predator Atlas 8 n’est pas de type OLED. Il s’agit d’une dalle LCD de 8 pouces au format 16:10, avec une définition de 1 920 × 1 200 pixels, un taux de rafraîchissement de 120 Hz, un pic lumineux de 500 nits et une compatibilité avec la technologie VRR (Variable Refresh Rate). Le choix du LCD plutôt que de l’OLED a été fait pour contenir les coûts. Acer a toutefois protégé cette dalle par un verre Gorilla Glass Victus et l’a dotée d’une fonction multi-touch pouvant reconnaître jusqu’à dix points de contact simultanés.
Autre point de friction : les sticks analogiques. Sur la version d’entrée de gamme, ceux-ci ne bénéficient pas de la technologie hall effect (capteurs magnétiques sans contact), qui évite l’usure mécanique et le drift. Ce manque pourrait inquiéter les joueurs les plus exigeants, même si la console conserve une croix directionnelle et une disposition des commandes jugée ergonomique lors de la prise en main.
Deux configurations distinctes pour deux publics
Le constructeur a officialisé deux versions de la Predator Atlas 8. Le modèle de base, commercialisé à 999 euros, embarque un Intel Arc G3 (version standard, sans l’extension « Extreme »), associé à 16 Go de RAM et 512 Go de stockage. Sa batterie est une unité de 60 Wh. Selon les informations techniques dévoilées, cette configuration permet de réduire le poids à 770 grammes, soit 40 grammes de moins que la version haut de gamme.
À l’opposé, le modèle Premium atteindra environ 1 500 euros et intégrera une puce Intel Arc G3 Extreme, 24 Go de RAM, 1 To de stockage et une batterie de 80 Wh. Ce modèle pèse 810 grammes. Les deux versions partagent néanmoins le même GPU (Intel Arc B390) et un système de refroidissement inédit sur le segment des consoles portables : un ventilateur muni de 89 pales métalliques extrêmement fines (0,1 mm), une première dans cette catégorie. Selon la marque, cette innovation permettrait d’améliorer l’efficience thermique de 10 %.
Un système de refroidissement avant-gardiste, mais un logiciel perfectible
Le système de refroidissement de l’Atlas 8 est l’un des arguments principaux d’Acer. En plus du ventilateur aux pales métalliques, la console repose sur une chambre à vapeur et un caloduc. Cette architecture, empruntée aux PC portables gaming, vise à maintenir des températures stables même lors de sessions de jeu intensives. Les premiers essais réalisés avec le jeu Forza Horizon 6 se sont révélés encourageants, bien que les observateurs appellent à des benchmarks plus poussés pour juger de la réelle performance de la puce Intel Arc G3.
Côté logiciel, la console tourne sous Windows, avec une surcouche maison baptisée Predator Sense. Cette interface regroupe les réglages de performance, la gestion des ventilateurs et l’accès rapide à la bibliothèque de jeux. Si l’ensemble a été jugé fonctionnel lors de la prise en main, certains estiment que la présence de Windows pourrait rebuter une partie des utilisateurs, par rapport aux interfaces plus épurées de consoles comme la Steam Deck.
Une connectique complète et une fabrication soignée
Malgré les compromis évoqués, la Predator Atlas 8 ne lésine pas sur la connectique : on trouve deux ports USB-C (dont un compatible Thunderbolt 4), une prise jack 3,5 mm, un logement pour carte microSD et des boutons programmables supplémentaires à l’arrière. La console peut par ailleurs être connectée à un écran externe via USB-C, offrant la possibilité de jouer sur un moniteur ou un téléviseur.
Enfin, le prix canon de 999 euros pour la version d’entrée de gamme pourrait séduire les joueurs cherchant une alternative aux modèles plus chers de la concurrence. Mais l’absence d’OLED et de sticks hall effect, éléments désormais présents chez certains rivaux, pourrait freiner les ardeurs des plus exigeants. Acer mise sur la puissance brute de l’Intel Arc G3 et sur l’innovation thermique pour faire la différence. Reste à savoir, lors des tests complets, si ce pari suffira à convaincre face à des références déjà bien établies.