Les plateformes de paris en ligne Kalshi et Polymarket ont sommé des influenceurs qu'elles rémunèrent de retirer des messages publiés sur les réseaux sociaux, dans lesquels ces derniers laissaient entendre que le dépouillement du scrutin municipal de Los Angeles était entaché de fraudes. Les publications, qui s'appuyaient sur les fluctuations des cotes des marchés de prédiction, ont contribué à répandre un climat de suspicion à l'encontre du processus électoral, selon des documents internes consultés par la presse.

Les influenceurs concernés avaient partagé des analyses suggérant que l'évolution lente des résultats du vote justifiait des interrogations sur la régularité des opérations. Ces messages ont été largement relayés, attisant les doutes parmi les électeurs. Kalshi et Polymarket, qui versent des commissions à ces créateurs de contenu pour promouvoir leurs services, ont rapidement réagi en leur demandant de supprimer ces publications, estimant qu'elles violaient leurs conditions d'utilisation en propageant des allégations non étayées.

Un contexte de lenteur du dépouillement

Les résultats de l'élection municipale de Los Angeles, où plusieurs candidats sont en lice pour succéder à la maire sortante, se sont fait attendre pendant plusieurs jours en raison de la complexité du comptage des bulletins de vote par correspondance. Ce délai a créé un vide que des voix se sont empressées de combler par des spéculations. Les influenceurs, dont certains comptent des centaines de milliers d'abonnés, ont alors utilisé les cotes des marchés de prédiction – où les utilisateurs parient sur l'issue d'un événement – pour argumenter qu'une fraude était en cours.

Des plateformes mises en cause

Kalshi et Polymarket, deux des principaux acteurs des marchés de prédiction aux États-Unis, se retrouvent ainsi au cœur d'une controverse. Si elles affirment vouloir encadrer les propos de leurs partenaires, des critiques pointent le rôle ambigu de ces plateformes, qui tirent profit de la viralité de contenus sensationnalistes tout en tentant de contrôler a posteriori les dérives. Les sociétés n'ont pas commenté publiquement les mesures prises à l'encontre des influenceurs, mais des messages internes indiquent qu'elles ont menacé de cesser toute collaboration en cas de non-respect de leurs directives.

Réactions des autorités et des candidats

Les autorités électorales locales ont démenti toute irrégularité et appelé à la patience, rappelant que les délais de dépouillement sont normaux pour un scrutin de cette ampleur. Plusieurs candidats ont également condamné ces « rumeurs infondées », y voyant une tentative de délégitimer le processus démocratique. Aucune plainte officielle n'a pour l'instant été déposée contre les influenceurs ou les plateformes.

Cette affaire relance le débat sur la responsabilité des plateformes de paris en ligne dans la diffusion de désinformation lors des échéances électorales, alors que leur influence ne cesse de croître.