Le Parti socialiste n'a pu s'accorder sur une méthode unique pour désigner son candidat à l'élection présidentielle de 2027. Réunis mardi soir en conseil national, les cadres du parti ont validé la tenue d'un vote des militants le 9 juillet prochain, qui départagera deux propositions concurrentes, selon des informations concordantes.
La première option, soutenue par le premier secrétaire Olivier Faure, prévoit l'organisation d'une primaire ouverte aux adhérents du PS et de Place publique, ainsi qu'aux sympathisants non encartés. Ces derniers devraient s'acquitter d'une contribution de deux euros pour pouvoir voter. « Il faut que le corps électoral soit le plus large possible pour créer un élan », a plaidé Olivier Faure devant ses camarades, ajoutant : « De quoi avez-vous peur ? »
Cette procédure viserait à « réguler » les candidatures multiples qui émergent au sein de l'espace social-démocrate, alors que plusieurs figures, parmi lesquelles Jérôme Guedj, Karim Bouamrane, Philippe Brun, Raphaël Glucksmann, François Hollande, Bernard Cazeneuve ou Boris Vallaud, sont pressenties pour briguer l'Élysée.
Deux conceptions du rassemblement
Face à la direction, les deux courants d'opposition interne se sont alliés pour défendre une seconde option. Celle-ci prévoit une primaire en octobre, réservée aux seuls adhérents des partis constituant le « pôle socialiste », à savoir le PS, Place publique et La Convention, la formation de Bernard Cazeneuve.
« Olivier, je te retourne la question : est-ce que tu aurais peur des militants socialistes dans les choix qu'ils pourraient faire ? », a rétorqué Boris Vallaud, chef de file des députés PS à l'Assemblée nationale. Les opposants ont insisté sur le fait qu'il revient « à la famille socialiste de choisir son candidat ».
Au-delà du simple arbitrage procédural, ce différend révèle des conceptions divergentes quant à la stratégie d'alliance pour 2027. Olivier Faure envisage la désignation social-démocrate comme une première étape, le vainqueur pouvant ensuite se présenter à une primaire élargie incluant les écologistes et les ex-insoumis. « En additionnant les scores putatifs de chaque formation de gauche hors LFI, ça fait un second tour », a-t-il justifié.
Pressions extérieures et rejet des « ingérences »
Cette perspective inquiète ses opposants internes. « Jamais la politique n'a été une arithmétique », a rétorqué David Assouline, l'un des critiques les plus virulents de la direction. Ces derniers rejettent l'idée d'une primaire commune avec les écologistes et les ex-insoumis, estimant qu'il est possible de rassembler la gauche non mélenchoniste autour d'un candidat unique, une fois celui-ci désigné, en négociant un contrat de gouvernement et un accord législatif.
Par ailleurs, plusieurs formations de gauche (Les Écologistes, Debout !, L'Après, Génération.s) ont adressé une lettre aux membres du Conseil national et aux militants socialistes, affirmant qu'elles « ne soutiendront pas un choix et une candidature qui ne seraient pas issus d'un processus de primaire ». Cette intervention a été qualifiée d'« ingérence » par les adversaires d'Olivier Faure.
Le 9 juillet, les militants socialistes devront donc trancher entre deux voies pour désigner celui ou celle qui portera les couleurs de la famille sociale-démocrate en 2027, l'élection présidentielle étant fixée aux 18 avril et 2 mai.