Plus de 24,7 millions d’électeurs algériens, dont environ 854 000 résidant à l’étranger, sont convoqués ce jeudi 2 juillet pour renouveler l’Assemblée populaire nationale. Ce scrutin législatif, le deuxième depuis le mouvement de contestation populaire Hirak de 2019, intervient dans un climat mêlant indifférence relative et interrogations sur la réelle marge de manœuvre des institutions élues.
Selon l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), 407 sièges sont en jeu pour un mandat de cinq ans, élus au scrutin proportionnel à listes ouvertes. Ce système permet aux votants de choisir une liste partisane tout en exprimant une préférence pour un candidat particulier. La campagne, qui s’est achevée mercredi, n’a donné lieu qu’à peu de grands rassemblements publics, un contraste avec les mobilisations massives du Hirak.
Un contexte concurrentiel : football et vacances
L’attention des Algériens est en partie détournée de l’échéance électorale. La qualification de l’équipe nationale de football pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026, acquise samedi à l’occasion d’un match nul 3-3 face à l’Autriche, passionne le pays. « Les élections sont actuellement en concurrence avec d’autres sujets, surtout la Coupe du monde et le début des vacances d’été », a observé Robin Frisch, directeur du bureau d’Alger de la Fondation Friedrich-Ebert, cité par des observateurs. Il a toutefois qualifié le scrutin d’« événement politique important ».
Le précédent scrutin législatif de 2021, marqué par un boycott d’une partie de l’opposition, n’avait attiré que 23 % des électeurs. Les prévisions pour 2026 laissent présager une participation tout aussi faible, dans un contexte où la confiance dans les institutions peine à se rétablir.
Le Hirak, une référence toujours présente
Sept ans après le soulèvement populaire qui a contraint l’ancien président Abdelaziz Bouteflika à quitter le pouvoir en 2019, le Hirak reste une clé de lecture essentielle. Le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, présente ce vote comme une étape supplémentaire dans l’édification d’une « nouvelle Algérie ». Il avait auparavant salué le Hirak comme ayant « sauvé l’Algérie de l’effondrement », tout en appelant les citoyens à se rendre aux urnes pour renforcer la légitimité des institutions.