Le parquet de Bordeaux a requis une peine de prison avec sursis à l'encontre d'Yves Foulon, maire Les Républicains d'Arcachon, jugé ce mercredi 1er juillet pour des propos particulièrement violents tenus en mars dernier envers son principal adversaire politique. L'édile, réélu au premier tour le soir même des faits, a comparu pour injures, menace et violences.

L'affaire remonte au matin du 15 mars, jour du premier tour des élections municipales. Alors qu'il croise dans la rue Vital Baude, conseiller municipal écologiste sortant et candidat contre lui, le maire l'entraîne à l'écart sans savoir que son opposant porte un micro-cravate dans le cadre d'un documentaire sur sa campagne. La scène est intégralement filmée.

« Si je pouvais vous coincer derrière les poubelles, ça me ferait plaisir de vous mettre une branlée », lance Yves Foulon, selon les images de la vidéo qui a depuis été diffusée. Il ajoute : « Je vais tout faire pour vous baiser et je vais trouver quelque chose (...) dans votre vie personnelle. » Puis : « Si je pouvais vous enculer, je le ferais. » Face à la protestation de Vital Baude – « Vous ne pouvez pas parler comme ça, Monsieur le maire » – l'élu rétorque : « Si, je peux parler comme ça. J'ai envie de vous mettre un coup de boule, là je me retiens (...) Vous êtes un fils de pute, vous êtes un enculé. Voyez, je vous insulte. Vous êtes une merde. »

Le candidat écologiste, âgé de 50 ans, accuse également le maire de l'avoir poussé en arrière et de lui avoir porté la main au menton, un geste que la vidéo ne montre pas mais que le plaignant dit avoir subi. On entend seulement Vital Baude prononcer la phrase : « Ne me frappez pas. »

La défense du maire : une « conversation privée »

À la barre, Yves Foulon a justifié son comportement en parlant d'« une conversation d'homme à homme ». Il a estimé avoir été pris au piège par un « coup monté » et dénoncé une « atteinte à la vie privée », assurant que l'échange s'inscrivait dans un contexte tendu que la vidéo ne montrerait pas intégralement. Le maire avait déjà présenté des excuses publiques au lendemain de la diffusion des images, tout en maintenant la thèse d'une manœuvre politique.

Son avocat a plaidé que son client « pensait avoir une conversation privée » et a contesté la qualification pénale des faits. Il a également rappelé que l'altercation était liée à un différend immobilier : le rachat puis la démolition par Yves Foulon d'une villa patrimoniale d'Arcachon pour y construire sa propre maison. La photo du chantier avait été utilisée dans la propagande électorale de Vital Baude.

Des réquisitions fermes

Le ministère public a requis une peine de prison avec sursis, sans préciser la durée exacte. La décision a été mise en délibéré. Le tribunal devra déterminer si les propos tenus constituent des injures publiques, des menaces et des violences – même si les gestes contestés ne sont pas visibles sur la vidéo. Par ailleurs, Yves Foulon a été entendu fin avril par les enquêteurs avant d'être renvoyé en correctionnelle.

Un contexte électoral tendu

Malgré cette affaire, Yves Foulon, également conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine et ancien député, a été largement réélu dès le premier tour des municipales le 15 mars. Vital Baude, de son côté, a toujours affirmé avoir croisé le maire par hasard ce jour-là. L'issue du procès, dont le délibéré est attendu dans les prochaines semaines, pourrait avoir des répercussions sur la carrière politique de l'édile.