Le parquet général allemand a officiellement inculpé un ressortissant ukrainien, identifié sous le nom de Serhii K. conformément aux règles de protection de la vie privée en vigueur en Allemagne. L’acte d’accusation lui reproche d’avoir piloté et coordonné l’opération de sabotage qui a gravement endommagé les gazoducs Nord Stream, le 26 septembre 2022. L’information a été confirmée par des médias allemands mercredi, tandis que le cabinet d’avocats Menaker, représentant le prévenu, a indiqué qu’une notification de mise en examen avait été remise à son client le même jour.

Un militaire ukrainien âgé de 50 ans, originaire de Kiev Selon les éléments communiqués par les enquêteurs, Serhii K., un soldat ukrainien âgé de 50 ans et résidant à Kiev, est soupçonné d’avoir dirigé une équipe de sept complices. Il aurait commandé le voilier « Andromeda », à partir duquel les explosifs auraient été placés sur les canalisations immergées en mer Baltique. Des traces d’explosifs militaires, notamment du HMX et du RDX, ont été retrouvées à bord du navire, ont précisé les sources judiciaires.

L’accusé est également poursuivi pour « attaque contre des infrastructures civiles énergétiques », une qualification qui, selon le droit international, peut relever du crime de guerre, ainsi que pour « explosion et destruction d’infrastructures ». Il a nié toute participation aux faits. Son avocat s’est dit confiant dans l’issue du procès, estimant que son client serait acquitté.

Arrestation en Italie et extradition Serhii K. avait été interpellé en août 2025 en Italie, sur la base d’un mandat d’arrêt émis par l’Allemagne. Il a ensuite été extradé vers le territoire allemand en novembre de la même année. Un deuxième suspect ukrainien avait également été arrêté un mois après, près de Varsovie, en Pologne, dans le cadre de la même enquête, selon un autre mandat délivré par Berlin.

Un sabotage aux conséquences environnementales et géopolitiques majeures Les explosions survenues fin septembre 2022 ont rompu trois des quatre canalisations des gazoducs Nord Stream 1 et 2, libérant des quantités record de méthane dans la mer Baltique. Ces infrastructures, qui reliaient la Russie à l’Allemagne sur 1 200 kilomètres, étaient alors inutilisées : Nord Stream 2 n’avait jamais été mis en service après la décision allemande de suspendre son homologation en février 2022, tandis que Nord Stream 1 avait été fermé par la Russie quelques mois plus tard, officiellement pour des problèmes techniques.

Depuis le sabotage, aucune revendication n’a été formulée et Kiev a catégoriquement nié toute implication. En Ukraine, une partie de l’opinion publique considère les responsables présumés de cette destruction comme des héros ayant privé la Russie d’une source de revenus importante. Cette affaire intervient dans un contexte où l’Allemagne est le premier fournisseur européen d’aide militaire à l’Ukraine, ce qui rend la procédure judiciaire particulièrement sensible pour les relations bilatérales.

Aucune preuve n’a jusqu’à présent permis de relier directement un État aux attaques. La Russie avait de son côté accusé les États-Unis et le Royaume-Uni, sans apporter d’élément matériel à l’appui. L’enquête allemande se poursuit et devrait aboutir à un procès dont la date n’a pas encore été fixée.