Le procès de l'homme d'affaires maltais accusé d'avoir commandité l'assassinat de la journaliste Daphne Caruana Galizia a connu un rebondissement majeur le 15 juillet 2026. Devant la cour, deux des auteurs matériels de l'attentat, les frères George et Alfred Degiorgio, déjà reconnus coupables et condamnés pour ce meurtre, ont livré un témoignage qui élargit considérablement le cercle des suspects.
Sous serment, les deux hommes ont déclaré que des personnalités politiques maltaises identifiées sous les noms de Cardona et Schembri, ainsi que l'avocat David Gatt, avaient été impliqués dans la concertation préalable à l'assassinat, survenu le 16 octobre 2017. La teneur précise de leur rôle respectif n'a pas encore été détaillée publiquement, mais cette accusation directe, formulée par les exécutants eux-mêmes, jette une lumière nouvelle sur les ramifications de l'affaire.
Les frères Degiorgio, qui purgeaient déjà leur peine, ont accepté de témoigner dans le cadre de ce procès, sans que l'on connaisse les motivations exactes de leur décision. Leurs révélations surviennent alors que l'enquête, menée depuis plusieurs années, a longtemps buté sur l'identification des commanditaires et des intermédiaires ayant facilité le crime.
Ce développement judiciaire intervient dans un contexte déjà hautement sensible à Malte, où l'assassinat de Daphne Caruana Galizia, célèbre pour ses enquêtes anticorruption, a provoqué une onde de choc politique et social. La journaliste avait notamment dénoncé des liens entre des figures du pouvoir et des milieux d'affaires. L'audience s'est poursuivie sans que la cour ne communique immédiatement sur les suites réservées à ces accusations. Les avocats des personnes citées n'ont pas encore réagi publiquement.