Des cris entendus avant l'explosion
Le procès de l'homme d'affaires maltais soupçonné d'avoir ordonné le meurtre de la journaliste Daphne Caruana Galizia a livré une révélation saisissante. Un témoin a déclaré devant la cour avoir perçu la journaliste hurler de panique dans les secondes précédant la déflagration qui a détruit sa voiture. La scène, décrite avec précision, apporte un éclairage nouveau sur les ultimes instants de la victime.
Selon ce témoignage, le véhicule de Daphne Caruana Galizia a été soufflé par une explosion alors qu'elle se trouvait à bord, près de son domicile. Le cri rapporté suggère que la journaliste avait pris conscience du danger imminent. Les enquêteurs estiment que l'attentat à la bombe a été minutieusement préparé. Sept hommes sont impliqués dans cette affaire, qui secoue Malte depuis la mort de la blogueuse et investigatrice, survenue en 2017.
L'homme d'affaires au cœur des accusations
L'accusé principal, un homme d'affaires maltais, comparaît pour avoir commandité l'assassinat. Il conteste les charges retenues contre lui. Le parquet s'appuie notamment sur des messages électroniques et des témoignages pour établir un lien entre lui et les exécutants présumés. Le procès, qui s'est ouvert au début du mois de juillet 2026, est suivi de près par les organisations de défense de la liberté de la presse.
Un témoignage qui pèse
La déposition du témoin, entendue quelques jours après l'ouverture des débats, pourrait constituer un élément clé pour l'accusation. Elle donne une dimension tragique et humaine à une affaire déjà marquée par la brutalité de l'attaque. La famille de Daphne Caruana Galizia, présente à l'audience, a exprimé son émotion après ces révélations.
Les avocats de la défense ont pour leur part tenté de minimiser la portée de ce récit, soulignant que le témoin n'avait pas été en mesure d'identifier directement le commanditaire. Mais pour les proches de la journaliste, ce témoignage confirme le climat de terreur qui entourait les dernières semaines de sa vie. Daphne Caruana Galizia enquêtait sur des affaires de corruption impliquant des personnalités politiques et économiques maltaises.
Un procès sous haute surveillance
L'audience se tient dans un palais de justice de La Valette sous haute sécurité. Le retentissement international de l'affaire a conduit les autorités à prendre des précautions accrues. Plusieurs associations de journalistes ont appelé à ce que la lumière soit faite sur toutes les responsabilités, au-delà des exécutants immédiats.
La suite du procès devrait entendre d'autres témoins, ainsi que des experts en explosifs. L'homme d'affaires accusé encourt la réclusion à perpétuité s'il est reconnu coupable. Le verdict n'est pas attendu avant plusieurs mois.
Contexte d'une lutte pour la vérité
Daphne Caruana Galizia a été tuée le 16 octobre 2017 par l'explosion de sa voiture piégée. Ses articles dénonçaient la corruption, le blanchiment d'argent et les liens entre des figures du gouvernement maltais et des intérêts privés. Sa mort a provoqué une onde de choc en Europe et conduit à plusieurs manifestations à Malte.
L'enquête, longtemps critiquée pour sa lenteur, a abouti à l'arrestation de plusieurs suspects. L'homme d'affaires aujourd'hui jugé avait été interpellé en 2019 alors qu'il tentait de quitter Malte en yacht. Son procès représente un test pour l'État de droit dans l'archipel méditerranéen.