Un vaste dossier de contrefaçon et de criminalité organisée autour du Marché du Soleil, à Marseille, est actuellement examiné par la justice. Dix-huit prévenus comparaissent dans le cadre d’une enquête qui a duré deux ans, portant sur des faits de contrefaçon, de blanchiment et d’extorsion.

Le parquet a requis, à l’encontre du marché itself, une mesure inédite : la fermeture définitive de ce lieu emblématique de la vente à la sauvette dans la cité phocéenne. Cette décision, si elle était confirmée par le tribunal, mettrait un terme à des années d’activité commerciale informelle sur ce site.

Une enquête de longue haleine

Les investigations, menées par les services de police judiciaire, ont permis de remonter une filière d’approvisionnement et de distribution de produits contrefaits. Les marchandises, vendues au Marché du Soleil, proviendraient de réseaux internationaux. Les prévenus sont accusés de participation à une association de malfaiteurs, de blanchiment des profits générés par la vente et de tentatives d’intimidation des autorités.

Les charges retenues

Outre la contrefaçon de marques déposées, le dossier inclut des accusations de blanchiment aggravé, les sommes en jeu étant estimées à plusieurs centaines de milliers d’euros. Des faits d’extorsion auraient également été commis à l’encontre de commerçants souhaitant s’installer ou rester sur le marché. Les prévenus, dont certains présentent un casier judiciaire chargé, risquent des peines allant jusqu’à dix ans d’emprisonnement.

Un symbole contesté

Le Marché du Soleil, situé dans les quartiers nord de Marseille, est connu depuis des décennies pour ses étals de vêtements et accessoires de sport, souvent contrefaits. Malgré des opérations de police régulières, il restait un point de vente incontournable. La possible fermeture définitive est perçue par les autorités comme un signal fort dans la lutte contre l’économie souterraine.

Décision attendue

Le procès, qui se tient devant le tribunal correctionnel de Marseille, doit durer plusieurs jours. Le délibéré sera rendu ultérieurement. La fermeture du site dépendra de la qualification juridique retenue par les juges. Les prévenus, pour leur part, contestent pour certains les faits, tandis que d’autres reconnaissent une partie des charges.