Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé le 22 juin l’ouverture d’une enquête administrative visant un magistrat du parquet d’Auch, dans le cadre de l’affaire Lyhanna. Cette décision fait suite à la remise d’un rapport de 46 pages qui pointe des « pertes de temps » et une « absence de suivi » dans le traitement des plaintes déposées par la jeune fille avant son meurtre.

Une procédure disciplinaire engagée

Invité du journal de 20 heures de TF1, Gérald Darmanin a indiqué avoir diligenté une procédure disciplinaire à l’encontre du substitut du procureur d’Auch, lui reprochant de ne pas avoir mesuré « la gravité de l’affaire » malgré les éléments contenus dans le dossier. Le ministre a précisé que les conclusions de l’enquête administrative seraient rendues « avant la fin de l’été » et qu’il en tirerait « les conséquences ». Il a également annoncé avoir saisi le Conseil supérieur de la magistrature, qui devra donner un avis sur la proposition de sanction.

« Il arrive qu’il y ait des fautes professionnelles et il faut les sanctionner », a-t-il déclaré, en estimant que les défaillances relevées relevaient de « défaillances personnelles » plutôt que d’un manque de moyens. Il a toutefois tenu à distinguer ce cas de l’ensemble des magistrats, dont il a salué le travail « formidable ».

1 243 gardes à vue depuis le lancement de la revue des plaintes

Gérald Darmanin a également présenté les premiers résultats du réexamen de quelque 70 000 plaintes pour viols et délits sur mineurs, ordonné après la mort de Lyhanna. Selon ses chiffres, 134 personnes ont été placées en détention provisoire et 1 243 gardes à vue ont été prononcées « depuis lundi dernier » pour des atteintes sur mineurs.

« Nous devons absolument éviter qu’une nouvelle affaire Lyhanna se produise », a-t-il martelé, ajoutant que « les Français doivent savoir qu’il y a un avant et un après, avec une mobilisation extrêmement importante ».

Pas de démission

Interrogé sur son maintien à la tête du ministère de la Justice, Gérald Darmanin a exclu une démission, tout en reconnaissant une part de responsabilité dans les dysfonctionnements. Il a insisté sur les mesures déjà mises en œuvre pour prévenir de nouveaux drames.

Ce nouvel épisode intervient alors que l’affaire Lyhanna continue de susciter une vive émotion dans l’opinion publique et des critiques de la part de l’opposition, qui dénonce un « échec » de la justice. Le ministre avait déjà présenté ses excuses à la famille de la victime le 5 juin.