Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, a exigé la mutation de deux gendarmes et le lancement d’une « enquête de commandement », à la suite des conclusions d’un prérapport d’inspection portant sur la gestion de la plainte pour viol sur mineure déposée par Lyhanna, huit ans, contre Jérôme Barella en 2025. Cette information a été rendue publique le 22 juin 2026.
Des révélations accablantes
Selon le document préliminaire de l’inspection, la jeune victime aurait déclaré avoir subi « une cinquantaine de viols ». Ce chiffre, contenu dans le rapport, met en lumière la gravité des faits allégués et la répétition des violences sur une longue période. Le prérapport soulève de sérieuses questions sur la manière dont la plainte a été instruite par les autorités.
Une réaction immédiate des autorités
Laurent Nuñez a indiqué avoir pris connaissance des éléments du prérapport et a immédiatement ordonné des mesures conservatoires. « J’ai demandé la mise à l’écart et la mutation de deux gendarmes impliqués dans le traitement de cette affaire », a-t-il déclaré. Il a également requis « une enquête de commandement » afin de déterminer les responsabilités précises dans les éventuels dysfonctionnements. Ces décisions visent à répondre aux défaillances apparentes relevées par les enquêteurs.
Des critiques grandissantes
L’affaire Lyhanna provoque une vive émotion dans l’opinion publique et suscite des interrogations sur l’efficacité du système judiciaire et policier face aux violences sexuelles sur mineurs. La mère de la fillette, qui avait déposé la plainte initiale, a indiqué que sa fille avait été entendue par les gendarmes en 2025, mais que les poursuites n’avaient pas abouti. Elle a depuis déposé une plainte contre l’État pour inaction, une action soutenue par une cagnotte en ligne qui a récolté plus de 18 000 euros.
Le contexte de l’affaire
Lyhanna est décédée en 2026 dans des circonstances qui n’ont pas été précisées. Son décès a relancé les soupçons sur les lacunes de la prise en charge de sa plainte. Le prérapport d’inspection, commandé par la hiérarchie militaire après le décès, a mis en évidence des manquements dans la procédure de recueil de la parole de l’enfant et dans la transmission des informations aux instances judiciaires.
La suite des événements
La mutation des deux gendarmes et l’enquête de commandement constituent une première étape dans la recherche des responsabilités. Une enquête judiciaire est également en cours. Le gouvernement a été interpellé à l’Assemblée nationale, où des élus de l’opposition ont dénoncé un « scandale d’État » et réclamé des réformes pour mieux protéger les enfants victimes de violences sexuelles. L’inspection générale de la gendarmerie devrait remettre son rapport définitif dans les semaines à venir.