La polémique autour des déclarations du maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, sur le fait de siffler « La Marseillaise » dans les stades continue de susciter des réactions vives. Le 19 juin 2026, deux anciens parlementaires ont à leur tour exprimé leur indignation.

Arnaud Montebourg, qui a occupé le poste de ministre de l'Économie sous la présidence de François Hollande, a estimé que les propos de l'élu de La France insoumise étaient indignes. « Taper sur la France, c'est détruire un bien commun », a-t-il déclaré, en référence à la phrase de Bally Bagayoko selon laquelle siffler l'hymne national serait un « droit à la réplique populaire ».

De son côté, Meyer Habib, ancien député apparenté aux Républicains, a critiqué la ligne politique de La France insoumise. « LFI se revendique quasiment d'être anti-France », a-t-il affirmé, en s'appuyant sur les propos du maire de Saint-Denis. Selon lui, cette prise de position illustrerait une stratégie plus large d'opposition systématique aux symboles nationaux.

Bally Bagayoko, élu en 2025 à la tête de la mairie de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), avait provoqué un tollé en affirmant que siffler « La Marseillaise » pouvait être considéré comme un « droit légitime d'expression populaire ». Il justifiait cette position par un contexte de tensions sociales et militaires, évoquant un « droit à la réplique » face aux politiques gouvernementales.

La controverse avait déjà entraîné des réactions de plusieurs responsables politiques, dont celle de Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, qui avait parlé de « stratégie de sédition ». D'autres voix, comme celle de l'activiste Elsa Marcel, avaient au contraire apporté leur soutien à l'édile.

Pour Arnaud Montebourg, le symbole que représente « La Marseillaise » dépasse les clivages politiques. Il a rappelé que cet hymne, né en 1792, est un héritage commun et qu'il n'appartient à aucun bord politique. « Le siffler, c'est attaquer tous les Français », a-t-il ajouté, appelant à ne pas banaliser de tels actes.

Meyer Habib, quant à lui, a lié cette polémique à une dérive plus générale de La France insoumise, qu'il accuse de vouloir briser le consensus républicain autour des valeurs nationales. « Quand on est élu, on a le devoir d'incarner la République, pas de la fragiliser », a-t-il déclaré.

Bally Bagayoko n'a pas réagi publiquement à ces nouvelles critiques. La mairie de Saint-Denis n'a pas communiqué à ce sujet dans l'immédiat.