À la veille du Computex de Taipei, Qualcomm a officialisé une nouvelle gamme de processeurs pour ordinateurs portables : les Snapdragon C. Ce « C » est présenté comme l’initiale de « Compute », signalant une ambition de conquérir le segment des machines très accessibles, avec des prix de départ annoncés aux alentours de 300 dollars.
Des performances adaptées à un usage bureautique
Contrairement aux puces Snapdragon X haut de gamme, équipées des cœurs Oryon propriétaires, le Snapdragon C fait appel à des cœurs Kryo issus de l’architecture mobile de Qualcomm. La puce intègre bien un NPU (unité de traitement neuronal) dédié à l’intelligence artificielle locale, mais sa puissance ne permet pas d’atteindre le seuil requis pour le label Copilot+ de Microsoft. L’IA sera donc présente, mais se limitera à des fonctionnalités moins avancées que celles offertes par les machines les plus récentes de la firme de Redmond.
Qualcomm n’a pas encore communiqué le détail des spécifications techniques – nombre de cœurs, fréquences, partie graphique – réservant ces informations pour sa conférence du 2 juin 2026 au Computex. La promesse, toutefois, est claire : offrir des ordinateurs portables silencieux, capables de fonctionner une journée entière sur batterie, et de faire tourner Windows 11 de manière fluide dans les tâches courantes (navigation web, suite bureautique, vidéo).
Premiers constructeurs partenaires
Acer a déjà présenté un premier modèle, l’Aspire Go 15 (référence AG15-Q31P), doté d’un écran de 15,6 pouces, d’une configuration pouvant atteindre 8 Go de mémoire vive et 512 Go de stockage, ainsi que du Wi-Fi 6E. HP et Lenovo doivent également proposer des appareils équipés du Snapdragon C plus tard dans l’année 2026. Les cibles de cette offensive sont explicitement les étudiants, les familles et les petites entreprises.
Un contexte de marché tendu
Le pari de Qualcomm intervient dans un environnement où le coût de la mémoire a fortement augmenté. La promesse d’un prix de vente à 300 dollars pourrait s’avérer difficile à tenir si les constructeurs souhaitent équiper leurs machines de 16 Go de RAM, configuration quasi indispensable pour une expérience Windows 11 confortable.
Par ailleurs, le segment des PC portables ARM à bas prix n’est pas nouveau. Apple a déjà montré la voie avec son MacBook Neo, lancé à 599 dollars aux États-Unis (699 euros en France), qui constitue désormais une référence sur ce créneau. La recette de Qualcomm s’inspire de celle de Cupertino : recycler une architecture initialement conçue pour les smartphones afin de réduire les coûts. Mais le fabricant américain ne dispose pas du contrôle vertical sur l’ensemble de la chaîne matérielle et logicielle qui fait la force d’Apple.
Un passé douloureux sur Windows ARM
L’histoire des tentatives de Microsoft pour imposer Windows sur architecture ARM en entrée de gamme est marquée par l’échec du Surface RT en 2012, qui avait entraîné une charge de près de 900 millions de dollars sur les invendus. Depuis, l’émulation des applications x86 s’est améliorée et le nombre de logiciels natifs pour ARM a augmenté, mais la méfiance demeure chez les consommateurs.
Qualcomm mise sur une expérience utilisateur convaincante (fluidité, autonomie, silence) pour faire oublier les compromis sur la puissance brute. Les premiers tests, attendus après le Computex, devront confirmer si la promesse technologique se traduit dans les faits.