Une accélération inédite du réchauffement planétaire

Un consortium international de 73 chercheurs a actualisé les principaux indicateurs du changement climatique utilisés par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec). Publiée le 11 juin dans la revue scientifique Earth System Science Data, la quatrième édition de cette étude annuelle met en évidence une accélération sans précédent de la hausse des températures imputable aux activités humaines. Selon ces travaux, le réchauffement d'origine anthropique a atteint 1,37 °C en 2025, et le rythme d'augmentation s'établit désormais à 0,27 °C par décennie.

Des records d'émissions et un effet de refroidissement en déclin

Les auteurs expliquent cette dynamique par deux facteurs principaux. D'une part, les émissions de gaz à effet de serre ont atteint des niveaux records, renforçant le forçage radiatif. D'autre part, l'effet de refroidissement exercé par les aérosols, qui masquait partiellement le réchauffement, s'affaiblit. La conjugaison de ces deux phénomènes explique la rapidité inédite de l'élévation des températures observée actuellement. Les chercheurs soulignent que le réchauffement climatique est désormais « essentiellement d'origine humaine », selon la formulation reprise dans l'étude.

Des conséquences déjà mesurables

L'étude met également en lumière plusieurs conséquences directement liées à cette accumulation de chaleur. Le nombre de jours de vagues de chaleur marine a connu une explosion, affectant les écosystèmes océaniques et les ressources halieutiques. Parallèlement, la hausse du niveau de la mer s'accélère, menaçant les zones côtières densément peuplées. Ces indicateurs, suivis de près par le Giec, fournissent une image actualisée de l'état du système climatique mondial.

Un outil pour les négociations climatiques

Cette mise à jour intervient alors que les engagements internationaux en matière de réduction des émissions restent insuffisants pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris, qui vise à limiter le réchauffement bien en dessous de 2 °C, et si possible à 1,5 °C. Les données compilées par les 73 chercheurs offrent aux décideurs une base scientifique pour évaluer l'urgence de l'action climatique. Le rythme actuel de 0,27 °C par décennie suggère que, sans mesures drastiques, le seuil de 1,5 °C pourrait être franchi dans les années à venir.