L'alerte aura été brève. Quelques heures après avoir ordonné à quatre astronautes de se mettre à l'abri dans un vaisseau Dragon en raison d'une aggravation des fuites d'air à bord de la Station spatiale internationale (ISS), la NASA a annoncé vendredi que les réparations étaient interrompues et que l'équipage pouvait reprendre ses activités normales.

Dans un communiqué diffusé en fin d'après-midi, Bethany Stevens, porte-parole de la NASA, a indiqué que Roscosmos avait « suspendu les efforts de réparation structurelle à l'intérieur du tunnel de transfert du module de service Zvezda, connu sous le nom de PrK, le temps d'évaluer davantage de mesures et de données ». Cette décision a conduit l'agence américaine à « demander aux membres d'équipage à l'intérieur du vaisseau Dragon de mettre fin aux procédures de refuge et de revenir aux opérations prévues à bord de la Station spatiale internationale ». Mme Stevens a ajouté que la NASA se réjouissait de « travailler avec Roscosmos sur une approche collaborative pour résoudre les fuites ».

Un plan d'évacuation désamorcé

Plus tôt dans la journée, la NASA avait ordonné aux quatre astronautes de la mission Crew-12 – Jessica Meir, Jack Hathaway, Sophie Adenot et Andreï Fediaïev – ainsi qu'à un autre astronaute américain, Chris Williams, de revêtir leurs combinaisons et de se préparer à un éventuel départ d'urgence. Ils s'étaient réfugiés dans le vaisseau SpaceX Dragon « Freedom », amarré à l'ISS, qui sert de véhicule de sauvetage en cas d'évacuation. Cette décision avait été prise « par excès de prudence », selon la NASA, alors que Roscosmos procédait à une opération de réparation plus poussée après l'apparition de nouvelles fissures.

Les deux cosmonautes russes, le commandant de la station Sergueï Koud-Svertchkov et l'ingénieur de vol Sergueï Mikaïev, étaient restés dans le segment russe, au plus près de la fuite, pour tenter les réparations. Leur propre véhicule d'évacuation, le Soyouz MS-28, était également amarré à la station.

Un problème récurrent vieux de six ans

Le module Zvezda, lancé en 2000, présente des fissures et des fuites dans son tunnel de transfert depuis plusieurs années. Selon des informations de la BBC, ces dégradations persistent de manière intermittente depuis environ six ans. La fuite s'était aggravée récemment, poussant Roscosmos à programmer une intervention de colmatage plus ambitieuse, qui a finalement été interrompue pour évaluation.

L'ISS, opérationnelle depuis 1998, est gérée par cinq agences spatiales internationales, dont la NASA et Roscosmos assurent la coordination quotidienne. Sept astronautes – quatre Américains, un Français, un Russe et un autre astronaute américain – y séjournent actuellement.

Quels scénarios en cas d'aggravation ?

Si les fuites devaient à nouveau s'aggraver et rendre la station dangereuse, le plan d'évacuation prévoit une répartition entre les deux véhicules amarrés. Les quatre membres de Crew-12 embarqueraient dans le Dragon pour un amerrissage au large des côtes américaines, tandis que les deux cosmonautes russes et Chris Williams – qui ont tous été lancés ensemble à bord du Soyouz MS-28 en novembre dernier – atterriraient dans la steppe kazakhe à bord du Soyouz. Ce dispositif évite toute confusion : chaque membre d'équipage est assigné à un vaisseau spécifique avant même son lancement.

Pour l'heure, la NASA insiste sur le caractère préventif des mesures prises vendredi et précise que la situation est sous surveillance étroite avec le partenaire russe. Les prochaines étapes pour colmater durablement les fissures du PrK restent à définir.