Les résultats d’une vaste enquête commandée par l’Union européenne placent sous le feu des projecteurs la question du temps d’écran chez les jeunes et ses conséquences. Selon ces données, un adolescent sur sept dans l’Union européenne déclare consacrer au moins huit heures quotidiennes aux écrans un jour de classe, une durée qui peut dépasser dix heures le week-end. En moyenne, les jeunes passent 4,5 heures en ligne les jours d’école et plus de six heures les samedis et dimanches.

L’enquête dresse un tableau contrasté des perceptions. Quarante pour cent des adolescents interrogés estiment que le temps passé devant les écrans a un effet positif sur leur vie, tandis que 29 % en évoquent les effets négatifs. Près de la moitié des 13-18 ans (48 %) jugent même que les réseaux sociaux exercent une influence bénéfique sur leur santé mentale.

Cependant, un tiers des jeunes disent ressentir de la tristesse, du stress ou un sentiment d’exclusion lié à leur utilisation des réseaux sociaux. Environ 40 % rencontrent des difficultés de concentration ou d’endormissement. L’exposition à des contenus nocifs préoccupe également : plus d’un tiers des adolescents européens rapportent avoir été confrontés à des informations fausses ou trompeuses, un quart à des discours haineux, et près d’un sur cinq à des images violentes non sollicitées.

Des nuances importantes

Tanya Notley, professeure à l’Université Western Sydney et spécialiste de la culture numérique, met en garde contre une assimilation trop rapide entre usage des réseaux sociaux et dégradation du bien-être. « Aucune des recherches de cette enquête ne montre de lien entre la santé mentale et les réseaux sociaux », souligne-t-elle, appelant à distinguer le temps d’écran global de l’utilisation spécifique des plateformes sociales.

Quelles pistes pour l’avenir ?

Face à ces chiffres, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer des mesures législatives, allant de restrictions d’âge à des interdictions pures et simples. D’autres plaident pour une meilleure éducation au numérique et un dialogue renforcé avec les jeunes. Le débat reste ouvert entre tenants d’une régulation stricte et partisans d’une approche éducative, alors que les données sont désormais disponibles pour alimenter la réflexion des décideurs européens.