Le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a reconnu ce vendredi 26 juin que l’exécution du budget 2026 serait « très compliquée », en écho aux alertes émises la veille par la Cour des comptes. Interrogé sur France Culture, il a également estimé que la préparation du budget 2027 ne serait pas aisée, appelant les partis politiques à se montrer capables de compromis.

Un constat partagé avec la Cour des comptes

La veille, la présidente de la première chambre de la Cour des comptes, Carine Camby, avait dressé un diagnostic sévère, indiquant que « tous les signaux sont au rouge » concernant les finances publiques françaises. Roland Lescure a repris cette analyse à son compte, affirmant que la juridiction financière avait raison de souligner les difficultés à venir. Le ministre a précisé que cette situation résultait notamment de la conjoncture économique et des choix antérieurs.

Un appel à la responsabilité collective

Pour le budget 2027, Roland Lescure a insisté sur la nécessité d’une « volonté collective » des partis politiques se réclamant de la majorité gouvernementale. « Tout va dépendre de la volonté collective des partis politiques qui se disent de gouvernement de contribuer à un compromis qui ne sera forcément satisfaisant pour personne, si ce n'est qu’au total on aura un budget », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’il faudrait ensuite « passer à autre chose », évoquant les débats à venir sur la décennie qui s’ouvre, qu’il souhaite voir se dérouler « sur une piste de décollage sans nids-de-poule », en référence à l’état des finances publiques.

Soutien affiché à Gabriel Attal

Interrogé sur la prochaine élection présidentielle de 2027, Roland Lescure a confirmé son soutien à Gabriel Attal, actuel secrétaire général de Renaissance et candidat du parti. « Je suis membre de Renaissance et je suis évidemment loyal à mon patron de parti qui en est le candidat légitime », a-t-il expliqué. Il a également souhaité qu’à terme, le « bloc central » s’unisse derrière le candidat le mieux placé, appelant de ses vœux un rapprochement entre Gabriel Attal et Édouard Philippe, l’ancien Premier ministre. « Je souhaite qu’Édouard Philippe et Gabriel Attal se rassemblent à un moment ou un autre derrière celui qui sera le mieux placé et on fera tout pour qu’il gagne », a-t-il ajouté.

Des arbitrages à venir

Les déclarations du ministre de l’Économie interviennent alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a multiplié ces dernières semaines les réunions avec les partenaires sociaux et les ministres pour préparer le budget 2027. Il a notamment rencontré le Medef à Matignon et demandé à ses ministres de formuler des propositions « réalistes », face à des demandes budgétaires excédant 30 milliards d’euros. Le durcissement du ton à Matignon laisse présager des arbitrages difficiles pour boucler le prochain budget, dans un contexte où les marges de manœuvre financières sont réduites.

Un contexte politique tendu

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a de son côté déjà évoqué la possibilité de recourir à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget 2027, si nécessaire. Cette perspective témoigne des tensions politiques qui entourent l’élaboration du prochain budget, alors que le gouvernement ne dispose pas d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Roland Lescure, en appelant au compromis, cherche manifestement à éviter un tel scénario, même s’il reconnaît que l’équilibre budgétaire sera difficile à atteindre sans douleur.

Des choix politiques inévitables

Les propos du ministre laissent entendre que le gouvernement est prêt à faire des concessions pour obtenir un budget, quitte à ce qu’il ne satisfasse pleinement personne. Cette posture d’ouverture contraste avec le ton plus ferme affiché par le Premier ministre ces dernières semaines, ce qui pourrait refléter une répartition des rôles au sein de l’exécutif. L’enjeu est de taille, car l’échec à adopter un budget pour 2027 pourrait aggraver la situation des finances publiques et fragiliser la crédibilité de la France auprès de ses partenaires européens.