À l'occasion du premier anniversaire de l'adoption de la Déclaration de New York par l'Assemblée générale des Nations unies, des représentants de la société civile israélienne et palestinienne se réunissent ce vendredi 12 juin à Paris. Cette rencontre, qui associe des ministres des Affaires étrangères et de hauts responsables venus de plusieurs dizaines de pays, vise à maintenir la pression diplomatique en faveur de la solution à deux États, alors que le conflit au Moyen-Orient semble dans l'impasse.
Un appel à l'action en huit points
La réunion doit s'achever par la présentation d'un « Appel à l'action », un document en huit points qui sera remis aux dirigeants du G7, réunis à partir de lundi dans les Alpes françaises. Ce texte, consulté par l'agence Reuters, réclame notamment un cessez-le-feu permanent, la fin de l'expansion des colonies israéliennes, la reconstruction de la bande de Gaza, des réformes de la gouvernance palestinienne et un soutien international renforcé à la société civile.
« La région continue de se fracturer. La bande de Gaza est dévastée, Israël reste menacé. Le terrorisme des colons, l'expansion des colonies, l'annexion de facto et les menaces contre l'Autorité palestinienne continuent de compromettre la viabilité d'un futur État palestinien », peut-on lire dans ce plan d'action. Le document ajoute que « les Israéliens, tout comme les Palestiniens, restent prisonniers de la peur, de l'insécurité et des traumatismes ». Ses rédacteurs estiment que, « alors que le G7 se réunit à Évian, ce conflit risque une fois de plus d'être relégué au second plan », tout en soulignant que « la possibilité d'une solution demeure, mais elle s'amenuise ».
Contexte de violence et de blocage politique
Cette conférence intervient dans un climat marqué par une escalade des violences perpétrées par des colons israéliens en Cisjordanie occupée. Elle traduit également la colère croissante de nombreux pays occidentaux à l'égard du gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a décidé d'étendre les implantations. Un sujet de préoccupation majeur concerne le projet de construction d'une colonie à l'est de Jérusalem, surnommée « E1 », qui aurait pour effet de diviser la Cisjordanie et de l'isoler de Jérusalem-Est, fragmentant ainsi le territoire que les Palestiniens revendiquent comme un futur État indépendant.
Mardi dernier, le Royaume-Uni, le Canada, la France et la Norvège ont annoncé de nouvelles sanctions coordonnées ciblant des réseaux israéliens impliqués dans le financement, la facilitation ou la perpétration d'actes violents en Cisjordanie occupée.
Une participation diplomatique contrastée
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a pour sa part déclaré que « la solution à deux États reste le seul chemin viable pour apporter une paix durable au Moyen-Orient ». Cette position a été réaffirmée alors que les participants à la réunion de Paris cherchent à relancer le processus diplomatique.
Toutefois, Israël et les États-Unis ont refusé de prendre part à cette réunion, soulignant les divergences persistantes sur la voie à suivre.
Un an après l'adoption de la Déclaration de New York, qui avait tracé une feuille de route vers un État palestinien et conduit une douzaine de pays, dont la France, à reconnaître officiellement l'État de Palestine en septembre dernier, le chemin vers une paix durable semble plus que jamais semé d'embûches. Les participants à la conférence de Paris espèrent néanmoins que cet appel à l'action parviendra à remettre la solution à deux États au cœur des priorités de la communauté internationale.