Une conférence internationale visant à maintenir la solution à deux États au cœur de l'agenda diplomatique s'est tenue vendredi à Paris, réunissant des acteurs de la société civile israélienne et palestinienne ainsi que des ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays. L'événement, organisé un an après l'adoption par l'Assemblée générale des Nations unies de la Déclaration de New York, une résolution non contraignante traçant une feuille de route vers un État palestinien, intervient alors que le cessez-le-feu dans la bande de Gaza est au point mort et que les violences se multiplient en Cisjordanie occupée.
La réunion doit se conclure par un « Appel à l'action » en huit points, qui sera remis aux dirigeants du G7, dont le sommet se tient dans les Alpes françaises à partir de lundi. Ce document, dont le contenu a été consulté, exige un cessez-le-feu permanent, la fin de l'expansion des colonies israéliennes, la reconstruction de Gaza, des réformes de gouvernance et un soutien international accru à la société civile. « La région continue de se fracturer. La bande de Gaza est dévastée, Israël reste menacé. Le terrorisme des colons, l'expansion des colonies, l'annexion de facto et les menaces contre l'Autorité palestinienne continuent de compromettre la viabilité d'un futur État palestinien », souligne le texte.
« Les Israéliens, tout comme les Palestiniens, restent prisonniers de la peur, de l'insécurité et des traumatismes », ajoute l'appel. « Nous revenons car, alors que le G7 se réunit à Évian, ce conflit risque une fois de plus d'être relégué au second plan. La possibilité d'une solution demeure, mais elle s'amenuise. »
La chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a apporté son soutien à cette initiative en déclarant que « la solution à deux États reste le seul chemin viable pour apporter une paix durable au Moyen-Orient ». Ses propos confirment l'engagement de l'Union européenne en faveur de ce cadre de résolution du conflit.
Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a souligné l'urgence de la situation : « Compte tenu de la situation actuelle dans la région, marquée par des conflits qui semblent interminables, un nombre trop élevé de victimes civiles et un cycle de violence, et compte tenu du fait que la mise en œuvre du cessez-le-feu à Gaza est au point mort… nous estimons que cette conférence est aujourd'hui plus essentielle et urgente que jamais. »
La Déclaration de New York, adoptée en septembre 2025, avait conduit une douzaine de pays, dont la France, à reconnaître l'État de Palestine. Cependant, la dynamique diplomatique s'est heurtée à la réalité du terrain. L'escalade de la violence perpétrée par les colons israéliens en Cisjordanie occupée et le projet de construction de la colonie « E1 », à l'est de Jérusalem, suscitent une inquiétude particulière. Ce projet, s'il se concrétise, diviserait la Cisjordanie et l'isolerait de Jérusalem-Est, fragmentant le territoire revendiqué par les Palestiniens pour leur futur État.
Les tensions sont également visibles sur le plan diplomatique : Israël et les États-Unis ont refusé de participer à la réunion parisienne. En revanche, plusieurs pays occidentaux, dont la Grande-Bretagne, le Canada, la France et la Norvège, ont annoncé mardi de nouvelles sanctions ciblant les réseaux israéliens impliqués dans le financement, la facilitation ou la perpétration de violences en Cisjordanie occupée.
La conférence de Paris intervient alors que la situation humanitaire et sécuritaire reste extrêmement dégradée. La mise en œuvre du cessez-le-feu à Gaza est bloquée, et les partenaires internationaux cherchent à maintenir la pression en faveur d'un règlement politique. L'appel transmis au G7 vise à rappeler aux grandes puissances que « ce conflit risque une fois de plus d'être relégué au second plan », alors que d'autres crises internationales accaparent l'attention.