À un an du scrutin présidentiel, Raphaël Glucksmann accélère sa campagne. Le leader de Place publique, qui s'est déjà déclaré candidat, publie un livre-programme intitulé « Le Sursaut patriotique » et organise un premier grand meeting à Paris ce jeudi soir. Il espère ainsi s'imposer comme le candidat d'une gauche « non-mélenchoniste » et attirer des électeurs déçus du macronisme.
Un livre-programme pour exister dans le débat
Dans son ouvrage, Raphaël Glucksmann assume de vouloir parler « au-delà de la gauche ». Il y développe des thèmes comme l'immigration, la sécurité et le « sursaut patriotique ». Selon des extraits du livre, il propose notamment un « réarmement moral » de la nation et une « exigence républicaine » à l'égard des nouveaux arrivants. Il plaide également pour un « patriotisme économique » et une « souveraineté européenne » renforcée. Sur le plan social, il défend une « justice fiscale » et un « État protecteur », tout en réaffirmant son attachement à l'Union européenne et à l'Otan.
Un meeting pour tester sa dynamique
Ce meeting parisien est un « crash test » pour Raphaël Glucksmann, qui doit démontrer sa capacité à fédérer au-delà de son propre parti. Plusieurs figures politiques sont attendues, dont des ex-macronistes. L'eurodéputé espère ainsi créer un « sursaut » électoral et se positionner comme le candidat de la gauche « responsable » et « républicaine », en opposition à La France insoumise. Il entend également capitaliser sur les divisions au sein du Parti socialiste, empêtré dans une primaire. Selon plusieurs observateurs, sa stratégie vise à siphonner l'électorat de centre-gauche et de centre-droit modéré, orphelin d'un candidat social-libéral.
Une stratégie qui interroge à gauche
Cette ligne politique suscite des critiques à gauche. Plusieurs voix s'élèvent pour dénoncer un « virage à droite » sur les questions sécuritaires et identitaires. Certains socialistes estiment que Raphaël Glucksmann « flirte avec les thèmes de l'extrême droite ». D'autres l'accusent de « faire le jeu du macronisme » en adoptant son langage. Le candidat assume ces critiques et assure vouloir « parler à tous les Français », y compris « ceux qui ne votent plus à gauche ». Il se présente comme le seul capable de « rassembler au-delà des clivages » pour faire barrage à l'extrême droite.
Un lancement sous tension
Ce week-end, un meeting similaire à Marseille a attiré quelques centaines de personnes. À Paris, les organisateurs espèrent remplir une salle de 3 000 places. Mais la campagne de Raphaël Glucksmann est déjà marquée par des polémiques. Une note interne, révélée par un média, conseillait d'« éviter les jeunes et les banlieues » dans la stratégie de communication, ce qui a créé un malaise au sein de Place publique. L'intéressé a tenté de se distancier de cette note, mais elle reste dans les esprits. Par ailleurs, son positionnement pro-européen et atlantiste divise au sein de la gauche de la gauche.
Un calendrier serré
Raphaël Glucksmann se donne encore « trois mois de chauffe » avant de lancer officiellement sa campagne. Il entend profiter de la primaire socialiste pour apparaître comme l'homme providentiel d'une gauche « décomplexée ». Mais le chemin est étroit entre la nécessité de séduire un électorat large et le risque de se couper de sa base militante. Les prochains mois seront décisifs pour mesurer l'étendue de son « sursaut ».