Raphaël Glucksmann, député européen et fondateur du mouvement Place Publique, a déclaré ce mardi 26 mai qu'il se donnait « trois mois » pour décider s'il sera candidat à l'élection présidentielle de 2027. Lors d'une conférence de presse organisée à Paris, il a précisé les contours de sa réflexion, affirmant vouloir « bâtir un projet social-écologiste et proeuropéen » capable de rassembler au-delà des clivages traditionnels.

Un calendrier serré pour une décision cruciale

Glucksmann a expliqué que ce délai lui permettra de « mesurer la capacité à construire une offre politique crédible » et à « vérifier que les conditions sont réunies » pour une candidature. Il a notamment insisté sur la nécessité de rassembler la gauche et les écologistes autour d'un programme commun. « Je ne serai pas candidat pour faire de la figuration ou pour diviser », a-t-il prévenu, ajoutant que son engagement dépendrait de la possibilité de « proposer une alternative sérieuse au macronisme et à l'extrême droite ».

Le député européen a également indiqué qu'il attendait des « clarifications » de la part des autres forces politiques de gauche, en particulier sur les questions européennes et républicaines. Sans citer nommément La France insoumise, il a critiqué les positions qu'il juge « ambiguës » vis-à-vis de l'Union européenne et de la laïcité. Il a réaffirmé son attachement à une gauche « résolument européenne, démocratique et antiraciste ».

Les conditions de Glucksmann pour se lancer

Parmi les conditions posées par Raphaël Glucksmann figure la construction d'une coalition large, incluant des personnalités de la société civile, des écologistes et des sociaux-démocrates. Il a évoqué la nécessité de « dépasser les appareils » et de « parler aux Français qui ne se reconnaissent plus dans l'offre politique actuelle ». Il a également mentionné un travail de fond sur le programme, notamment en matière de transition écologique, de justice sociale et de souveraineté européenne.

Selon ses proches, Glucksmann a déjà entamé des discussions avec plusieurs figures politiques, dont le secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts, ainsi qu'avec des intellectuels et des syndicalistes. Il prévoit d'organiser, dans les semaines à venir, une série de débats publics et de consultations citoyennes pour tester ses idées.

Un contexte politique tendu

Cette annonce intervient alors que la gauche française reste fragmentée après l'échec de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) et les tensions persistantes entre les différentes composantes. Glucksmann, qui s'était présenté aux européennes de 2024 à la tête d'une liste social-démocrate proeuropéenne, espère capitaliser sur son image de rassembleur et sur son ancrage européen.

Interrogé sur le calendrier, il a précisé que sa décision sera prise « d'ici la fin de l'été », sans donner de date exacte. Il a également exclu de participer à une primaire organisée par des partis politiques traditionnels, estimant que « les Français attendent autre chose que des querelles d'appareils ».

Réactions et perspectives

Plusieurs responsables politiques ont réagi à cette annonce. Au sein du Parti socialiste, certains y voient une opportunité de renouvellement, tandis que d'autres se montrent sceptiques sur la capacité de Glucksmann à fédérer. Du côté de La France insoumise, on critique son « européisme béat » et on l'accuse de « diviser la gauche ».

Raphaël Glucksmann a conclu sa conférence de presse en appelant à « un sursaut démocratique » et en affirmant que « l'avenir de la France ne se joue pas dans les salons parisiens mais dans les territoires ». Il a promis de parcourir le pays dans les prochains mois pour « écouter et convaincre ».