Renault va franchir un nouveau cap dans le domaine de la défense. Le groupe automobile français a annoncé son entrée en production de masse de drones militaires, en partenariat avec la société de défense Turgis et Gaillard. L’objectif est d’atteindre une cadence de fabrication comparable à celle de l’industrie automobile, avec des premières livraisons attendues avant la fin de l’année.
Cette initiative s’inscrit dans le projet Chorus, destiné à renforcer l’arsenal français face aux besoins de conflits de haute intensité. La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a confirmé que les essais sont en cours et que «la production de masse, à cadence industrielle automobile, débutera avant la fin de cette année». Elle a également souligné la nécessité d’adapter régulièrement les modèles dans un secteur qui évolue très rapidement.
Un site de production à Cléon
La fabrication a été confiée à l’usine Ampère de Cléon, en Seine-Maritime. Ce site avait initialement été envisagé pour une autre implantation, mais c’est désormais Cléon qui accueille la chaîne de montage des drones. En février dernier, Renault avait annoncé une capacité de production pouvant atteindre 600 unités par mois sur son site du Mans, avant que le projet ne soit recentré. Le délégué général pour l’armement, Patrick Pailloux, avait alors évoqué un contrat portant sur des «munitions téléopérées à longue portée», c’est-à-dire des drones conçus pour détruire leur cible en explosant à l’impact.
Des engins polyvalents
Renault précise qu’il fabriquera la structure du drone, sans charge militaire. «Renault Group va produire des drones aériens polyvalents, dont l’emploi final sera décidé par la DGA», a résumé le constructeur. Parallèlement, le groupe travaille sur un drone terrestre à usage militaire et civil, en partenariat avec John Cockerill, propriétaire du fabricant de véhicules blindés Arquus. Selon les informations disponibles, ce drone aurait l’apparence d’un petit 4x4 lunaire, équipé de multiples caméras suspendues. Sa présentation est prévue au salon Eurosatory, qui se tiendra à partir du 15 juin à Villepinte.
Une réponse à une sollicitation du ministère des Armées
Le ministère des Armées a contacté Renault en début d’année, intéressé par ses capacités de développement et de production rapide. Le groupe a rappelé son savoir-faire dans la conception et l’industrialisation en grande série d’objets technologiques, avec une maîtrise de la qualité, des coûts et des délais. Toutefois, Renault assure qu’il ne «vise pas à devenir un acteur majeur de la défense». Ce positionnement est confirmé par la ministre, qui insiste sur la nécessité d’une adaptation continue face à des menaces en constante évolution.