Robert Cohen, directeur de la gestion du crédit développé chez DoubleLine, a mis en garde contre l'émergence d'une bulle sur les marchés du crédit liée à l'intelligence artificielle. S'exprimant lors d'un débat au Bloomberg Global Credit Forum à New York, il a jugé « presque certain » que la dette émise pour financer le développement de l'IA atteigne un jour des niveaux comparables à ceux des périodes spéculatives passées.
Cohen s'est appuyé sur l'histoire des grandes vagues d'investissement pour étayer son analyse. Il a rappelé que des secteurs comme les chemins de fer ou l'internet avaient chacun connu leur propre bulle, après des phases d'engouement massif. Selon lui, le phénomène est appelé à se reproduire avec l'intelligence artificielle, en raison de l'afflux de capitaux qu'elle attire.
Le responsable a précisé que cette bulle ne concernerait pas nécessairement les actions, mais bel et bien les marchés du crédit, c'est-à-dire les obligations et autres dettes émises par les entreprises du secteur de l'IA. Il n'a pas donné d'échéance précise pour ce retournement, mais a insisté sur le caractère récurrent des excès financiers dans l'histoire.
DoubleLine est une société de gestion américaine réputée pour ses analyses sur les marchés obligataires. Les propos de Robert Cohen interviennent alors que les investissements dans l'intelligence artificielle atteignent des montants records, portés par la demande pour les infrastructures de calcul, les centres de données et les modèles de langage.
Certains analystes estiment que le niveau actuel de valorisation des entreprises liées à l'IA justifie les dépenses, invoquant des gains de productivité à venir. D'autres, à l'image de Cohen, y voient un risque de bulle spéculative. Le débat reste vif entre partisans d'une révolution technologique durable et observateurs prudents.
L'intervention de Robert Cohen au forum new-yorkais s'inscrit dans une série d'avertissements lancés par des professionnels de la finance. Si la bulle du crédit IA devait se matérialiser, ses conséquences pourraient se répercuter sur l'ensemble du système financier, en raison de l'interconnexion des marchés.