Des images qui suscitent l'émoi

La diffusion d'une séquence vidéo issue d'une caméra portative de policier a provoqué une vive émotion au Royaume-Uni. On y voit Henry Nowak, un étudiant âgé de 18 ans, allongé au sol et menotté par des agents après avoir été victime d’une agression à l’arme blanche. Dans l’enregistrement, le jeune homme, en état de détresse respiratoire, adresse à plusieurs reprises aux policiers la phrase « je n’arrive pas à respirer ». Il décédera peu après.

Les faits à l’origine de la controverse

L’agression au couteau aurait été commise par un homme de confession sikhe qui, selon les premiers éléments, aurait accusé faussement Henry Nowak d’insultes à caractère racial. L’affaire a rapidement été récupérée par des mouvements d’extrême droite qui dénoncent un traitement différencié au détriment des citoyens blancs britanniques. Ce discours intervient alors qu’un rapport officiel publié en 2024 par le gouvernement britannique établit que les personnes noires sont 2,2 fois plus susceptibles d’être arrêtées que les personnes blanches.

La réaction des autorités

Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a qualifié les images de « poignantes » et a promis l’ouverture d’une enquête indépendante sur le comportement des forces de l’ordre lors de cette intervention. Les circonstances exactes du menottage d’un blessé grave et la gestion de l’urgence médicale par les agents sont au cœur des investigations.

Des heurts dans plusieurs villes

Depuis la mise en ligne de la vidéo, des rassemblements de protestation ont eu lieu dans plusieurs localités du pays. Des affrontements ont opposé des manifestants aux forces de l’ordre, certains participants scandant le slogan « I can't breathe », en référence aux paroles du jeune homme mourant. La police a fait état de plusieurs interpellations sans toutefois communiquer de bilan précis.

Une enquête sous haute tension

L’affaire intervient dans un climat déjà tendu autour des pratiques policières au Royaume-Uni. Le gendarme des polices (l’instance indépendante de contrôle) a annoncé l’ouverture d’une enquête approfondie. Celle-ci devra déterminer si les agents ont respecté les protocoles d’usage de la force et de prise en charge des blessés. Les conclusions de ce rapport sont attendues sous plusieurs semaines.