Au Royaume-Uni, une nouvelle analyse économique met en lumière une évolution notable sur le marché du travail : les salariés de la génération Z (nés entre 1997 et 2012) perçoivent des revenus plus élevés que les milléniaux (nés entre 1980 et 1997) au même âge. Ce constat émane d’un rapport publié le 22 juin par la Resolution Foundation, un groupe de réflexion britannique spécialisé dans l’amélioration du niveau de vie.

L’étude chiffre cet écart : par exemple, un jeune de 24 ans appartenant à la génération Z touche en moyenne un salaire hebdomadaire 12 % supérieur à celui qu’avaient les milléniaux lorsqu’ils avaient le même âge. L’économiste Charlie McCurdy, qui a participé aux travaux, indique même que les travailleurs âgés de 25 ans en 2026 bénéficient d’une rémunération horaire plus élevée que toutes les générations précédentes depuis 1950.

Un contexte de crise pour les prédécesseurs

Cette différence s’explique en grande partie par les conditions économiques rencontrées par chaque génération à l’entrée dans la vie active. La génération des milléniaux a commencé à travailler pour beaucoup d’entre eux à partir de 2008, en pleine crise financière mondiale. La faillite de grandes banques et la récession qui a suivi ont pesé sur les salaires d’embauche et les perspectives de progression. En comparaison, la génération Z arrive sur un marché du travail marqué par une pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs et une croissance des salaires soutenue, ce qui favorise des rémunérations initiales plus attractives.

Une hausse des prix qui rogne le pouvoir d’achat

Si les chiffres bruts sont encourageants, le rapport nuance cette bonne nouvelle. Les jeunes Britanniques sont exposés à une augmentation généralisée des prix dans des domaines essentiels : l’alimentation, le logement (notamment les loyers) et l’énergie (gaz et électricité). Cette inflation élevée réduit leur capacité à épargner et à tirer pleinement parti de leurs revenus. En termes réels, le gain salarial est donc en partie neutralisé par le coût de la vie.

Une inquiétude persistante : les NEET

L’étude attire également l’attention sur une contrepartie préoccupante : la part des jeunes de 16 à 24 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (catégorie dite « NEET », pour Not in Education, Employment, or Training) a fortement augmenté. Environ un million de jeunes Britanniques se trouveraient dans cette situation, ce qui représente un défi social et économique pour le pays. Ce phénomène contraste avec la hausse des salaires constatée pour ceux qui ont un emploi, soulignant une dualité du marché du travail juvénile.