Sébastien Lecornu s’est rendu à Marseille jeudi 2 juillet pour faire le point sur les incendies qui touchent le sud de la France. Le chef du gouvernement a présidé une cellule interministérielle de crise réunie à la préfecture des Bouches-du-Rhône, alors que des feux de forêt se déclarent de manière précoce et intense sur le pourtour méditerranéen.

« La situation est assez tendue », a-t-il reconnu au cours de cette visite, qualifiant les sinistres en cours d’« assez violents » et de « prématurés ». Ces adjectifs traduisent la double inquiétude des autorités : la puissance des flammes et leur survenue dès le début du mois de juillet, avant les pics habituels de l’été.

Le locataire de Matignon a également apporté une précision sur l’épisode caniculaire qui accompagne ces incendies. Selon lui, la chaleur « repart », mais « aucun département ne sera classé rouge » durant le week-end à venir. Cette déclaration vise à rassurer les populations tout en maintenant la vigilance.

Un début d’été sous pression

Les pompiers sont mobilisés sur plusieurs fronts dans le sud du pays, où les températures élevées et la sécheresse des sols favorisent la propagation des flammes. Les feux signalés ces derniers jours dans le Var, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-de-Haute-Provence ont déjà détruit plusieurs centaines d’hectares de végétation. Aucun blessé grave n’a été à déploré dans l’immédiat, mais des habitations ont dû être évacuées par précaution.

La venue du premier ministre à Marseille intervient dans un contexte de tension climatique accru. Les autorités locales appellent à la plus grande prudence et rappellent les consignes de sécurité : ne pas jeter de mégots en forêt, ne pas allumer de feux, et signaler tout départ d’incendie.

Pas de rouge mais une vigilance maintenue

Si Sébastien Lecornu a exclu un classement rouge pour les deux prochains jours, la vigilance orange canicule reste en vigueur dans plusieurs départements. Météo-France a placé une partie de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur en alerte, avec des températures dépassant localement les 38 degrés. Le risque d’incendie demeure donc très élevé.

Le gouvernement a annoncé le renforcement des moyens aériens et terrestres de lutte contre les feux, avec des Canadair et des hélicoptères bombardiers d’eau supplémentaires positionnés dans le Sud. Des renforts de sapeurs-pompiers ont également été dépêchés depuis d’autres régions.

Un phénomène précoce

Le caractère « prématuré » de ces incendies, souligné par le premier ministre, interroge sur les effets du changement climatique. Les feux d’été commencent désormais souvent dès le mois de juin, ce qui réduit la trêve hivernale et allonge la période à risque pour les équipes de secours. Les associations de protection de l’environnement réclament une accélération des politiques de prévention et de gestion forestière.

Pour l’heure, la priorité reste la maîtrise des foyers actifs et la protection des populations. Sébastien Lecornu a assuré que l’État suivait la situation « heure par heure » et que des moyens supplémentaires seraient déployés si nécessaire. Il doit regagner Paris en fin de journée pour un point de situation avec les services de sécurité civile.