Dans une lettre officielle rendue publique ce mercredi 9 juillet, la présidente du Venezuela a interpellé le roi Charles III afin d’obtenir la restitution de 30 tonnes d’or appartenant à l’État vénézuélien et actuellement sous séquestre au Royaume-Uni. Cette démarche intervient alors que le pays panse encore les plaies des violents séismes qui ont secoué plusieurs régions du territoire ces derniers jours, provoquant un lourd bilan humain et matériel.
Un appel direct au souverain britannique
La dirigeante a justifié cette requête en insistant sur la détresse de la population et la nécessité impérieuse de débloquer des fonds pour la reconstruction. « Cet or appartient à notre peuple », a-t-elle déclaré dans une formule reprise par plusieurs canaux d’information. Selon les sources disponibles, la missive a été transmise par la voie diplomatique et met en avant l’urgence humanitaire découlée des catastrophes naturelles qui ont frappé le pays.
Les réserves d’or vénézuéliennes sont bloquées depuis plusieurs années dans les coffres de la Banque d’Angleterre. Londres avait refusé de les remettre au précédent gouvernement de Nicolás Maduro, en raison de divergences diplomatiques liées à la reconnaissance de l’opposant Juan Guaidó comme président par intérim entre 2019 et 2023. La situation est demeurée gelée après la normalisation partielle des relations entre Caracas et certains États occidentaux.
Un contexte de catastrophe naturelle
Les tremblements de terre qui ont affecté le Venezuela ont causé la mort de plusieurs centaines de personnes et détruit des infrastructures essentielles, notamment dans les États côtiers et les régions andines. Les autorités locales peinent à coordonner les secours en raison de la vétusté des réseaux routiers et des difficultés économiques chroniques que traverse le pays.
En demandant au monarque britannique d’intervenir personnellement, la présidente semble vouloir contourner les lenteurs judiciaires qui ont jusqu’ici empêché le transfert des avoirs. Plusieurs procédures sont en cours devant les tribunaux britanniques entre des entités proches du gouvernement vénézuélien et des représentants de l’opposition, chaque camp revendiquant la légitimité pour disposer des réserves.
Quelle issue possible ?
Il est peu probable que la Couronne britannique accède directement à cette demande, les affaires de gel et de confiscation d’avoirs étrangers relevant du gouvernement et du Parlement. Cependant, l’appel symbolique pourrait raviver les pressions politiques sur Downing Street pour qu’une solution soit trouvée, surtout dans un contexte de crise humanitaire.
Pour l’instant, aucune réponse officielle n’a été communiquée par le palais de Buckingham ni par le Foreign Office. La présidente vénézuélienne a promis de poursuivre ses démarches auprès des institutions internationales si sa requête restait sans suite.