Sam Bankman-Fried, l'ancien dirigeant de la plateforme d'échange de cryptomonnaies FTX, a officiellement déposé une demande de grâce présidentielle auprès de Donald Trump. L'information, confirmée par une base de données du ministère de la Justice, met fin à plusieurs mois de spéculations sur les intentions de l'homme d'affaires emprisonné.
Condamné à 25 ans de réclusion pour fraude massive, Bankman-Fried a multiplié les gestes de rapprochement avec le président républicain. Il avait notamment complimenté Donald Trump sur le réseau social X et accordé un entretien depuis sa cellule à Tucker Carlson, figure médiatique proche de l'administration. Cette campagne discrète de séduction semble avoir précédé la formalisation de sa requête.
La voie d'une grâce s'annonce toutefois étroite. Le président Trump avait déclaré au cours de l'année précédente qu'il n'entendait pas gracier l'ancien magnat des crypto-actifs, désormais déchu. Pourtant, l'actuel locataire de la Maison-Blanche s'est montré clément à l'égard de plusieurs fraudeurs en col blanc, en particulier ceux qui avaient cherché à gagner ses faveurs par des dons ou des déclarations publiques. Certains de ces bénéficiaires avaient versé des sommes importantes à des causes liées au président.
Des actifs sous-évalués
Par un ironique paradoxe, les actifs que détenait FTX au moment de son effondrement auraient pu valoir une fortune aujourd'hui. Le portefeuille de la société comprenait des participations dans des entreprises comme Anthropic, SpaceX, Robinhood ou encore Cursor.AI. Ce dernier actif, une start-up spécialisée dans l'intelligence artificielle, avait été cédé par le syndic de faillite pour 200 000 dollars en 2023, soit le prix d'acquisition initial. Sa valorisation atteindrait désormais plusieurs milliards de dollars.
« Nous n'étions pas un fonds spéculatif à long terme », a déclaré John Ray III, l'administrateur chargé de la liquidation de FTX, lors d'une conférence économique. « Nous étions une société qui comptait des centaines de milliers de créanciers partout dans le monde. »
Une procédure incertaine
La demande de grâce intervient alors que Bankman-Fried purge sa peine dans un établissement pénitentiaire. Ses avocats n'ont pas commenté officiellement la démarche, mais celle-ci s'inscrit dans une stratégie plus large visant à obtenir une réduction de peine. Le recours à une grâce présidentielle reste une option rare, en particulier pour des crimes économiques de cette ampleur.
Le dossier est désormais entre les mains du département de la Justice, qui instruira la requête avant de la transmettre au président. Aucun calendrier n'a été communiqué pour l'examen de cette demande.