Une procédure officielle enclenchée

Sam Bankman-Fried, le fondateur déchu de la plateforme d'échange de cryptomonnaies FTX, a déposé une demande formelle de grâce présidentielle auprès de l'administration Trump. L'information, confirmée par plusieurs sources proches du dossier, intervient plus de deux ans après son incarcération. L'ancien milliardaire purge une peine de 25 ans de prison pour fraude électronique, blanchiment d'argent, association de malfaiteurs et violation des lois sur le financement électoral. Il avait été reconnu coupable de l'ensemble des chefs d'accusation retenus contre lui, la justice américaine le tenant pour principal responsable de l'effondrement de FTX, qui a entraîné la perte de plus de 10 milliards de dollars appartenant à ses utilisateurs.

Selon les informations disponibles, la requête a été adressée au Bureau du procureur des grâces, une entité rattachée au ministère américain de la Justice. Ce service instruit les demandes de pardon émanant de citoyens américains, mais la décision finale relève de la seule prérogative du président. Le dossier de Bankman-Fried serait actuellement classé comme « en attente ».

Une stratégie de longue haleine

Cette démarche constitue l'aboutissement d'une campagne menée depuis plusieurs mois par Bankman-Fried et son entourage. Ses parents, tous deux professeurs à l'université Stanford, auraient approché des personnalités proches du cercle présidentiel pour plaider sa cause. Dans des déclarations publiques, le fondateur de FTX a exprimé son souhait « absolu » d'obtenir un pardon.

Les espoirs de Bankman-Fried reposent en partie sur la politique de clémence déjà appliquée par Donald Trump à l'égard de figures du secteur des cryptomonnaies. Au début de son second mandat, le président républicain a ainsi accordé sa grâce à Ross Ulbricht, le créateur de la plateforme Silk Road, puis à Changpeng Zhao, le fondateur de Binance. Ces deux personnalités bénéficient toutefois d'une image nettement plus favorable au sein de la communauté crypto que celle de Bankman-Fried.

Une issue jugée peu probable

Malgré ces démarches, les perspectives d'obtenir une grâce présidentielle semblent minces. Interrogé en amont du dépôt officiel de la demande, Donald Trump aurait déclaré n'avoir « aucune intention » de gracier Sam Bankman-Fried. Selon des propos rapportés, le président considérerait ce dossier comme classé, au même titre que ceux d'autres personnalités de premier plan qu'il ne souhaite pas voir libérées. La Maison-Blanche n'a pas souhaité commenter depuis la transmission de la demande formelle.

Par ailleurs, la voie procédurale empruntée par Bankman-Fried pourrait jouer en sa défaveur. Donald Trump a fréquemment contourné le processus officiel du Bureau des grâces pour accorder des pardons de manière directe. En passant par ce circuit classique, l'ancien patron de FTX s'expose au risque que sa requête soit tout simplement ignorée, comme cela a été le cas pour de nombreuses autres demandes.

Un autre recours en cours

Bankman-Fried ne mise pas uniquement sur la clémence présidentielle. Il attend également une décision de la Cour d'appel fédérale de New York, saisie d'une demande d'annulation de sa condamnation et de sa peine. Ce volet judiciaire pourrait offrir une issue alternative, même si les chances de succès restent incertaines.

En attendant, l'ancien roi des cryptomonnaies continue de purger sa peine, tandis que le monde de la finance numérique suit de près l'évolution de ce dossier. La demande de grâce présidentielle, bien que mal engagée, illustre la détermination de Bankman-Fried à tenter d'infléchir son sort par tous les moyens disponibles.