La confiance des Européens dans la garantie de sécurité américaine a atteint un niveau historiquement bas, selon une enquête publiée mercredi par le groupe de réflexion European Council on Foreign Relations (ECFR). L’étude, réalisée dans quinze pays, indique que seule une personne sur dix perçoit désormais les États-Unis comme un allié.

Dans l’ensemble des pays sondés, une majorité des personnes interrogées estiment que Washington ne volerait pas à leur aide si elles étaient attaquées. Les auteurs du rapport évoquent une « méfiance profonde » à l’égard de la puissance américaine.

Cette enquête intervient à quelques semaines de réunions cruciales du G7 et de l’OTAN, qui doivent se tenir en France et en Turquie. La défiance affichée par les citoyens pourrait peser sur les débats diplomatiques autour des engagements de défense mutuelle au sein de l’Alliance atlantique.

Un rejet massif du partenariat transatlantique

Les résultats montrent une érosion spectaculaire de l’image des États-Unis en Europe. Alors que pendant des décennies l’Amérique était considérée comme le principal garant de la sécurité du continent, ce rôle est aujourd’hui contesté par une large part de l’opinion publique.

Le sondage, qualifié d’« exclusif » par ses auteurs, a été conduit avant les sommets de l’OTAN et du G7. Il met en lumière un changement d’attitude profond chez les Européens, qui semblent douter de la fiabilité de l’engagement américain en matière de défense collective.

Une défiance qui interroge l’avenir de l’OTAN

Pour les analystes, cette perte de confiance pourrait avoir des conséquences à long terme sur l’architecture de sécurité européenne. Si une majorité de citoyens ne croit plus en la solidarité américaine, les gouvernements pourraient être sous pression pour réévaluer leur dépendance militaire à l’égard de Washington.

Les données de l’enquête sont publiées alors que les relations transatlantiques traversent une période de turbulences, alimentée par des divergences commerciales et stratégiques. Le sommet de l’OTAN en Turquie et la réunion du G7 en France seront observés de près pour voir si les dirigeants parviennent à restaurer une certaine confiance.

L’ECFR, basé à Berlin, a mené cette étude dans le but de mesurer l’évolution des perceptions européennes face aux changements géopolitiques récents. Les résultats complets sont disponibles sur le site de l’organisation.