Un couple hors norme dans une ville en ruines

Avec « Seuls les rebelles », Danielle Arbid propose une œuvre puissante qui mêle intimité et Histoire. Le film raconte l’histoire d’amour entre une femme de 60 ans et un migrant soudanais de 25 ans, à Beyrouth. Ce couple improbable évolue dans un contexte de guerre et de chaos politique, offrant une métaphore saisissante d’un pays au bord du gouffre, selon les analyses critiques. La réalisatrice place l’amour comme un roc inébranlable face aux effondrements sociaux et aux violences qui déchirent le Liban.

Un tournage contraint, une reconstitution parisienne

Dans une précédente déclaration, Danielle Arbid avait expliqué son défi de « faire exister un pays impossible à filmer ». Incapable de tourner à Beyrouth en raison des conditions sécuritaires et politiques, elle a reconstitué la capitale libanaise dans un studio à Paris. Ce choix technique n’est pas anodin : il interroge la capacité du cinéma à représenter un réel devenu inaccessible. L’approche de la cinéaste transforme cette contrainte en parti pris esthétique, où chaque détail – de la lumière aux textures urbaines – est recréé pour évoquer une ville hantée par la guerre.

Un film comme métaphore politique

Au-delà de l’histoire d’amour, « Seuls les rebelles » est lu par la critique comme une allégorie de l’état du Liban. Le personnage féminin, sexagénaire ancrée dans sa ville, et le jeune migrant, figure de l’exode et de l’espoir, incarnent les tensions et les aspirations d’une société fragmentée. Leur relation, défiant les normes sociales et les violences extérieures, devient un acte de résistance. La cinéaste franco-libanaise, connue pour son regard acéré sur les fractures du Proche-Orient, livre une œuvre qui mêle rage et tendresse.

Réception critique

Le film, sorti en salles le 23 juin 2026, a reçu un accueil enthousiaste. Les critiques saluent la mise en scène sobre et intense de Danielle Arbid, ainsi que l’interprétation des deux acteurs principaux, dont les performances donnent vie à cette passion interdite. L’audace du propos et la capacité de la réalisatrice à transformer l’absence de Beyrouth – physiquement absente du tournage – en présence fantomatique sont particulièrement soulignées. « Seuls les rebelles » s’impose ainsi comme une œuvre majeure du cinéma libanais contemporain, tout en posant des questions universelles sur l’amour, l’exil et la résilience.