Un ressortissant français âgé de 19 ans, poursuivi par la justice singapourienne pour avoir léché une paille et l'avoir remise dans un distributeur automatique de jus d'orange, saura le mois prochain s'il plaide coupable. Le jeune homme, identifié comme Didier Gaspard Owen Maximilien, était attendu vendredi devant le tribunal de district de la cité-État, mais il ne s'est pas présenté à l'audience. Son avocat a indiqué que son client se prononcerait sur la question le 13 juillet.
L'affaire remonte au 12 mars dernier. L'étudiant en commerce, qui poursuit sa formation à Singapour, aurait filmé son geste : il aurait saisi une paille dans un distributeur de la marque iJooz, l'aurait portée à sa bouche pour la lécher, puis l'aurait remise dans le compartiment prévu à cet effet. La vidéo a par la suite été postée sur les réseaux sociaux, où elle est devenue virale, suscitant un vif émoi au sein de l'opinion publique singapourienne.
Des chefs d'accusation pour nuisance publique et méfait
Les documents judiciaires révèlent que le parquet reproche à Maximilien d'avoir diffusé cette séquence sur Instagram en sachant qu'elle « causerait ou causerait probablement une nuisance au public ». Il est également accusé d'avoir causé « une perte ou un préjudice injustifié » à l'entreprise iJooz, qui exploite les distributeurs de jus d'orange. Pour parer à tout risque sanitaire, la société avait dû retirer et remplacer la totalité des 500 pailles présentes dans l'appareil.
Le jeune homme est poursuivi pour deux infractions. La première, pour nuisance publique, est passible d'une peine maximale de trois mois d'emprisonnement. La seconde, pour méfait (mischief), expose à une peine pouvant aller jusqu'à deux ans de prison, en sus d'une amende, selon les termes de l'acte d'accusation.
Un pays réputé pour sa législation draconienne
Singapour est connu pour son arsenal législatif particulièrement strict, qui s'applique à des comportements pouvant sembler anodins dans d'autres juridictions. Des infractions comme les graffitis, le jet de détritus ou encore la consommation de chewing-gum y sont sévèrement réprimées. Ce contexte juridique rigoureux explique l'attention médiatique et judiciaire portée à ce geste, qui a été filmé et largement partagé.
Le jeune Français, bien que non présent physiquement à l'audience de vendredi, devra comparaître le 13 juillet pour indiquer s'il reconnaît les faits qui lui sont reprochés. Selon certaines informations, il serait attendu qu'il plaide coupable. La décision du tribunal, selon la procédure, interviendrait alors dans un second temps.