Un cap décisif à six mois de l'échéance.
À six mois de l'extinction programmée de la 2G en France, l'Arcep, le régulateur des télécoms, estime que le rythme de migration des équipements concernés demeure insuffisant. Dans la quatrième édition de son observatoire consacré à ce sujet, publiée mercredi, l'autorité administrative recense à fin mars 2026 encore 4,53 millions de cartes SIM utilisées dans des terminaux compatibles uniquement avec la 2G ou avec la 2G et la 3G. Parmi elles, environ 2 millions reposent encore sur la seule 2G, un chiffre qui inclut de nombreux ascenseurs, systèmes d'alarme et dispositifs de téléassistance.
Une accélération insuffisante face au calendrier.
La bonne nouvelle est que la transition s'est nettement accélérée : au premier trimestre 2026, 688 000 cartes SIM utilisées dans des appareils uniquement compatibles avec la 2G ou la 3G ont basculé vers des terminaux 4G, contre 394 000 seulement au trimestre précédent. Le parc dit « Machine to Machine », qui regroupe les puces embarquées dans les ascenseurs, alarmes et équipements industriels, a chuté de 21,5 % en un seul trimestre, contre 9,2 % fin 2025. Il en reste toutefois 780 000 à migrer.
Côté grand public, 2,13 millions de cartes SIM étaient encore actives dans des terminaux 2G ou 3G/2G à la fin mars, soit 2,6 % du parc total. Les appareils purement 2G ont diminué de 14 % pour s'établir à 1,22 million d'unités. Les terminaux 3G/2G ont reculé de 7,4 % pour atteindre 910 000 cartes actives. L'Arpeg note que si la pression du calendrier commence à produire ses effets, le rythme demeure insuffisant au regard de l'échéance.
Des secteurs professionnels particulièrement exposés.
Les professionnels, notamment les ascensoristes, sont particulièrement concernés. Selon la Fédération des ascenseurs, près de la moitié des 650 000 ascenseurs français sont encore équipés de systèmes fonctionnant sur les anciens réseaux, dont plus de 230 000 sur la 2G. Les systèmes d'alarme et de téléassistance, souvent connectés via ces réseaux vieillissants, sont également dans le viseur. L'Arpe appelle les opérateurs et leurs clients à intensifier leurs efforts pour éviter des millions de remplacements de dernière minute.
Un arrêt déjà en marche.
Le calendrier d'extinction, lui, n'attend pas. Depuis mardi 9 juin, sept nouveaux départements – dont la Haute-Garonne, l'Ariège, le Gers et le Lot – ont rejoint les zones déjà privées de 2G chez Orange. L'opérateur historique prévoit l'extinction totale de son réseau 2G d'ici octobre 2026. Cette extinction progressive vise à libérer des fréquences pour les réseaux 4G et 5G, mais elle impose une migration accélérée pour les équipements encore dépendants de cette technologie.
Des enjeux de sécurité et de continuité de service.
Au-delà des aspects techniques, l'enjeu est aussi sociétal : les ascenseurs connectés en 2G pourraient cesser de fonctionner, les alarmes devenir muettes et les téléassistances pour personnes âgées inopérantes. L'Arpe insiste sur la nécessité d'anticiper ces risques pour éviter des situations d'urgence. Le régulateur rappelle que les opérateurs ont la responsabilité d'informer leurs clients professionnels et particuliers des échéances et des solutions de remplacement.