Le géant japonais des télécommunications et de la technologie SoftBank a officialisé un investissement colossal de 75 milliards d'euros dans l'intelligence artificielle en France. Cet engagement financier, présenté comme le plus important jamais réalisé dans le secteur de l'IA en Europe, vise à construire la plus grande infrastructure d'IA du continent.

L'annonce a été faite dans le cadre de l'événement Choose France, une initiative destinée à attirer les capitaux étrangers sur le territoire national. Le groupe nippon promet d'injecter jusqu'à 75 milliards d'euros dans le développement de l'IA française, un record européen annoncé en grande pompe. L'investissement doit se concentrer sur la construction de data centers dédiés à l'intelligence artificielle, capables de supporter des charges de calcul massives pour l'entraînement et le déploiement de modèles d'IA.

Ce projet repose sur un conditionnel que le groupe connaît bien. SoftBank n'a pas précisé de calendrier ferme ni de ventilation détaillée des dépenses. L'entreprise s'est engagée sur un montant maximal, mais les conditions précises de réalisation et les échéances restent à définir. Le gouvernement français, qui a accueilli cette annonce avec enthousiasme, voit dans cet investissement une reconnaissance de l'attractivité du pays pour les technologies de pointe.

Les data centers prévus devraient constituer la plus grande infrastructure d'IA en Europe, surpassant les installations existantes ou en projet sur le continent. Ils serviront à héberger des supercalculateurs et des serveurs dédiés à l'intelligence artificielle, en utilisant des technologies de pointe pour l'efficacité énergétique et la puissance de calcul. La localisation précise des sites en France n'a pas encore été communiquée, mais des discussions sont en cours avec les autorités locales et nationales.

SoftBank, déjà connu pour ses investissements massifs dans la technologie à l'échelle mondiale (notamment via son fonds Vision Fund), fait le pari que la France deviendra un hub majeur pour l'IA en Europe. Le pays bénéficie d'un écosystème de recherche solide, d'une main-d'œuvre qualifiée et d'un réseau électrique à faible teneur en carbone, des atouts clés pour des infrastructures énergivores comme les data centers.

Pour la France, cet investissement représente une bouffée d'oxygène dans un contexte de compétition mondiale pour attirer les capitaux de l'IA. Il s'inscrit dans la stratégie du gouvernement de faire du territoire une « nation de l'IA », avec des initiatives comme le plan « France 2030 » et les appels à projets pour les data centers. L'arrivée de SoftBank pourrait également stimuler l'emploi et la formation dans les régions concernées, même si les retombées précises restent à évaluer.

Le choix de la France par SoftBank s'explique aussi par la volonté du groupe de diversifier ses implantations en dehors de l'Asie et des États-Unis, où les coûts énergétiques et fonciers grimpent. L'Hexagone offre un mix électrique décarboné, une stabilité politique et un accès au marché européen, autant d'éléments qui ont pesé dans la décision.

L'investissement de 75 milliards d'euros, bien que conditionnel, envoie un signal fort aux autres acteurs de la tech internationale. Il intervient alors que l'Union européenne cherche à renforcer sa souveraineté en matière d'IA et à réduire sa dépendance aux technologies américaines et chinoises. La France, avec ce projet, entend se positionner en leader sur ce segment stratégique.