Les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’OTAN se sont retrouvés en Turquie pour un sommet qui s’est ouvert ce mercredi 8 juillet. Cette rencontre intervient au lendemain de l’arrivée du président américain à Ankara, où il a relancé avec insistance ses revendications sur le Groenland et brandi la menace d’un retrait des troupes américaines basées sur le continent européen.
Un sommet sous tension
La tenue de ce sommet, initialement prévu de longue date, a été dominée par les déclarations de Donald Trump. Arrivé mardi dans la capitale turque, le locataire de la Maison-Blanche a réitéré sa volonté de voir les États-Unis prendre le contrôle du Groenland, territoire autonome du Royaume du Danemark. Il a également prévenu que Washington pourrait réduire, voire supprimer, sa présence militaire en Europe si ses demandes n’étaient pas satisfaites.
Cette menace directe adressée aux alliés européens a placé les discussions sous un jour particulier. Alors que l’OTAN célèbre plusieurs décennies d’engagement commun, les propos du président américain ravivent les inquiétudes sur la solidité de l’engagement des États-Unis au sein de l’Alliance.
La question du Groenland au cœur des échanges
Le dossier groenlandais, que Donald Trump avait déjà évoqué durant son premier mandat, refait surface avec une acuité nouvelle. Le président américain justifie son intérêt par des considérations stratégiques et économiques, notamment les ressources naturelles et la position géographique de l’île dans l’Arctique. Le Danemark, membre de l’OTAN, a toujours rejeté l’idée d’une vente ou d’une cession de ce territoire.
Lors de son arrivée à Ankara, Donald Trump a affirmé que les États-Unis avaient « besoin du Groenland pour la sécurité internationale » et a laissé entendre que des mesures unilatérales pourraient être prises si les négociations n’aboutissaient pas. Ces déclarations ont été perçues par plusieurs capitales européennes comme une pression inédite sur un allié.
Quel avenir pour les troupes américaines en Europe ?
La menace de retrait des forces armées américaines représente un enjeu majeur pour la défense européenne. Les États-Unis maintiennent des dizaines de milliers de soldats sur le Vieux Continent, notamment en Allemagne, en Italie, au Royaume-Uni et dans les pays d’Europe centrale et orientale. Un départ de ces troupes affaiblirait considérablement la posture de dissuasion de l’OTAN face à la Russie.
En liant le sort de ces déploiements à la question groenlandaise, Donald Trump introduit un élément de chantage qui complique les discussions entre alliés. Les représentants européens présents au sommet ont cherché à apaiser les tensions tout en réaffirmant leur attachement à la souveraineté du Danemark sur le Groenland.
Une Alliance mise à l’épreuve
Ce sommet de l’OTAN se déroule dans un contexte géopolitique déjà chargé, avec la guerre en Ukraine, les tensions en Méditerranée orientale et les défis posés par la Chine. La question de la répartition des charges financières au sein de l’Alliance reste également un point de friction régulier, Donald Trump ayant souvent critiqué les pays membres qui ne consacrent pas au moins 2 % de leur PIB à la défense.
En mêlant ces griefs à une revendication territoriale sur un membre de l’Alliance, le président américain crée une situation inédite où les principes de solidarité et d’intégrité territoriale sont directement mis en cause. Les discussions en cours à Ankara devraient déterminer si un compromis peut être trouvé ou si la crise va s’approfondir.
Réactions en demi-teinte
Pour l’heure, aucune déclaration officielle conjointe n’a été publiée à l’issue de la première journée du sommet. Les diplomates s’activent en coulisses pour tenter de désamorcer la confrontation ouverte. Les pays nordiques, dont le Danemark, ont fait savoir qu’ils défendraient fermement leur souveraineté et leurs intérêts dans l’Arctique.
Le secrétaire général de l’OTAN, qui préside les débats, œuvre pour maintenir l’unité de l’Alliance face à ce qui apparaît comme l’un des plus sérieux tests de sa cohésion depuis la fin de la guerre froide. La suite du sommet, prévue sur plusieurs jours, devrait apporter des éclairages supplémentaires sur les positions de chacun.