Les crèmes solaires vendues sur les sites de vente en ligne Temu, Shein et AliExpress font l’objet d’une sévère mise en garde de la part de l’association de défense des consommateurs Que Choisir Ensemble. Dans un communiqué publié mercredi 8 juillet 2026, l’organisation indique que neuf échantillons sur dix, prélevés sur ces plateformes, sont dangereux pour la santé. Ces résultats alarmants conduisent l’association à saisir l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) ainsi que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), dès le lendemain, jeudi 9 juillet.

Des tests révélateurs

Les analyses menées en laboratoire ont porté sur dix crèmes solaires achetées aléatoirement sur les trois places de marché. D’emblée, trois produits ont été disqualifiés car ils renferment un ingrédient dont la commercialisation est prohibée dans l’Union européenne depuis le 1er mai 2026. Parmi les sept échantillons restants, six ne fournissent pas le niveau de protection annoncé sur l’emballage. Pire, quatre d’entre eux n’offrent aucune protection contre les rayons ultraviolets. Un seul produit sur l’ensemble des dix testés respecte son indice de protection, mais il contient une substance suspectée de perturber le système hormonal, en particulier les œstrogènes et la fonction thyroïdienne. Aucun des articles analysés n’est donc totalement sûr selon les critères de l’association.

Réactions des plateformes et risque de réapparition

Interrogée sur ces résultats, la plateforme Temu a retiré de la vente les produits incriminés. En revanche, Shein et AliExpress n’avaient pas encore répondu aux sollicitations de l’association au moment de la publication du communiqué. Cyrille Cormier, directeur du plaidoyer de Que Choisir Ensemble, a souligné le caractère insaisissable de ces marchandises : « Rien ne dit que ces produits ne vont pas réapparaître sous une autre marque. Parce que ce sont des produits qui ne sont pas tracés. » L’association craint un simple changement de dénomination ou de packaging, qui permettrait aux mêmes formules interdites de continuer à circuler.

Un phénomène récurrent sur les sites d’ultra-fast fashion

Cette alerte s’inscrit dans une série de mises en garde concernant les articles vendus par Temu, Shein et AliExpress. Ces places de marché avaient déjà été épinglées pour la vente de jouets, de chargeurs USB ou encore de bijoux contenant des substances dangereuses ou non conformes aux normes européennes. Les crèmes solaires constituent un nouveau volet de ces défaillances, avec un risque direct pour la santé des consommateurs, en particulier en période estivale où l’exposition au soleil est plus intense. Les autorités françaises et européennes sont désormais alertées, mais l’efficacité des contrôles reste en question face au volume et à la rapidité de renouvellement des offres sur ces plates-formes.