L'étau se resserre sur el-Obeid

La ville d'el-Obeid, au Soudan, est désormais le théâtre d'une crise humanitaire qui pourrait virer au désastre. Les Nations unies ont averti, ces derniers jours, que des « atrocités de masse » pourraient survenir dans cette localité, actuellement assiégée par les Forces de soutien rapide (RSF). Après avoir déjà semé la destruction à el-Fasher en 2025, les paramilitaires encerclent désormais el-Obeid, où les systèmes de survie collective — qui avaient jusqu'ici permis à la population de tenir — sont en train de s'effondrer, selon des témoignages recueillis sur place.

Un siège aux conséquences catastrophiques

Les RSF, qui contrôlent déjà de vastes zones du Darfour et du Kordofan, ont recentré leur offensive sur cette ville stratégique du centre du Soudan. Les habitants, interrogés par des journalistes présents dans la région, décrivent une situation de plus en plus intenable : pénurie d'eau, de nourriture et de médicaments, tandis que les raids aériens et les tirs d'artillerie se multiplient. « Nous n'avons plus rien, les gens meurent de faim et de soif », confie un résident. L'ONU estime que les conditions sont réunies pour une répétition de la tragédie d'el-Fasher, où des milliers de civils avaient été tués en 2025 lors d'offensives similaires.

Des avertissements multilatéraux depuis des semaines

Cette nouvelle alerte de l'ONU intervient après une série de mises en garde internationales. Dès le 21 juin 2026, au moins 29 pays avaient signé une déclaration conjointe alertant sur le risque imminent d'atrocités de masse à el-Obeid. Deux jours plus tard, les États-Unis avaient également fait part de leurs craintes, évoquant un possible génocide. La communauté internationale appelle désormais à un cessez-le-feu immédiat et à un accès humanitaire sans entrave, mais les combats se poursuivent et le blocus imposé par les RSF empêche toute livraison d'aide significative.

Un effondrement des structures de survie

Jusqu'à présent, les habitants d'el-Obeid avaient pu compter sur des systèmes d'entraide locaux — cuisines communautaires, réseaux de distribution d'eau, soins de proximité — pour faire face à la guerre. Mais l'intensité du siège et la fuite d'une partie des travailleurs humanitaires ont eu raison de ces dispositifs. « Les initiatives citoyennes qui nous maintenaient en vie sont en train de lâcher. Les gens commencent à mourir non pas à cause des bombes, mais du manque de soins et de nourriture », rapporte un médecin local joint par téléphone. L'ONU craint que la situation ne dégénère en massacre organisé si aucune intervention rapide n'est décidée.

Quelle réaction de la communauté internationale ?

Face à cette urgence, plusieurs diplomates ont réclamé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. Toutefois, les divisions géopolitiques pourraient bloquer toute résolution contraignante, plusieurs membres permanents entretenant des liens avec les belligérants. En attendant, les civils d'el-Obeid survivent sous les bombes, dans l'attente angoissée d'une issue qui pourrait être fatale.