La situation au Liban-Sud reste explosive alors que l'armée israélienne a mené de nouvelles frappes dans la région, malgré la signature d'un accord de paix entre les deux pays. Le Hezbollah, la puissante milice chiite libanaise, a fermement condamné cet accord, le qualifiant de trahison et refusant de le reconnaître.
Des frappes continues malgré l'accord
Selon des témoins et des sources locales, l'aviation israélienne a ciblé plusieurs localités du sud du Liban dans la nuit de dimanche à lundi, provoquant des explosions violentes et des dégâts matériels. Les frappes ont visé des positions présumées du Hezbollah, mais aussi des infrastructures civiles, selon des responsables libanais. Aucun bilan humain n'a été communiqué dans l'immédiat.
Ces bombardements interviennent alors qu'un accord de paix, censé mettre fin à des décennies de conflit, a été signé récemment sous l'égide des États-Unis. L'accord prévoit notamment la démilitarisation du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la zone frontalière, mais le Hezbollah refuse de désarmer, affirmant que la résistance armée est un droit légitime.
Le Hezbollah dénonce un « diktat »
Dans une déclaration diffusée lundi, un porte-parole du Hezbollah a qualifié l'accord de paix de « diktat imposé par les ennemis de la nation » et a réaffirmé la détermination du mouvement à poursuivre la lutte armée contre Israël. « Cet accord ne nous lie pas, car il a été signé par un gouvernement illégitime qui ne représente pas le peuple libanais », a-t-il ajouté.
Cette position a été soutenue par plusieurs autres factions politiques libanaises proches de l'Iran, qui considèrent que l'accord de paix consacre la défaite du Liban et abandonne les droits des Palestiniens. Le Premier ministre libanais, en revanche, a défendu l'accord comme une étape cruciale pour sortir le pays de la crise et reconstruire l'économie.
Des tensions sur le terrain
Les nouvelles frappes israéliennes ont provoqué des mouvements de panique parmi les habitants du sud du Liban, déjà éprouvés par des mois de violence. Plusieurs villages ont été évacués par précaution, tandis que les hôpitaux de la région se préparaient à affronter un afflux de blessés.
L'armée israélienne a justifié ses frappes par la nécessité de neutraliser les menaces du Hezbollah, affirmant avoir ciblé des infrastructures militaires et des sites de lancement de roquettes. « Nous continuerons à protéger nos citoyens et à répondre à toute agression, quel que soit l'accord signé », a déclaré un porte-parole militaire.
Un avenir incertain
L'accord de paix, négocié depuis plusieurs mois avec la médiation des États-Unis et de la France, prévoit des garanties de sécurité pour les deux pays, mais son application reste hypothétique sans l'adhésion du Hezbollah. La communauté internationale a appelé à la retenue et au respect des engagements, mais les violences sur le terrain risquent de compromettre les efforts de paix.
Des habitants interrogés expriment leur lassitude et leur peur face à une escalade qui semble inéluctable. « Nous pensions que la paix était enfin possible, mais la réalité est que les bombes tombent encore », confie un habitant de la ville de Nabatieh.
Alors que les frappes continuent et que le Hezbollah maintient son refus, la perspective d'une paix durable au Liban-Sud semble plus que jamais fragile.