L’eurodéputée Rima Hassan est convoquée mardi 7 juillet devant le tribunal correctionnel de Paris dans le cadre d’une procédure pour « apologie du terrorisme ». Cette convocation fait suite à un signalement consécutif à un message publié sur le réseau social X, que l’intéressée a depuis effacé fin mars. À l’approche de l’audience, une tribune intitulée « Non au délit de Palestine » a été rendue publique samedi 5 juillet, signée par plus de deux cents personnalités du monde politique, intellectuel et artistique.
Un front uni pour la liberté d’expression
Le texte, dont les signataires dénoncent ce qu’ils considèrent comme une « instrumentalisation » de l’institution judiciaire destinée à « faire taire les voix qui dérangent », affirme que la poursuite vise en réalité à réprimer le discours de soutien à la cause palestinienne. Parmi les signataires figurent des parlementaires, des chercheurs, des écrivains et des artistes, qui estiment que la qualification pénale retenue est disproportionnée et qu’elle menace la liberté d’expression politique. La tribune appelle à un rassemblement de soutien mardi devant le palais de justice parisien.
Les faits reprochés
L’affaire trouve son origine dans un tweet publié par Rima Hassan, qui a été signalé aux autorités judiciaires. L’eurodéputée, qui siège au Parlement européen, a supprimé son message quelques semaines après sa publication. Les motifs exacts de l’action publique n’ont pas été détaillés publiquement par le parquet, mais la procédure s’inscrit dans le cadre de la législation réprimant l’apologie du terrorisme. La défense de l’élue devrait contester la qualification retenue et plaider que ses propos relevaient d’une opinion politique légitime dans le contexte du conflit à Gaza.
Le contexte politique
Rima Hassan, élue sur la liste de La France insoumise aux élections européennes de 2024, s’est fait connaître par ses prises de position très critiques à l’égard de la politique du gouvernement israélien dans les territoires palestiniens. Elle a notamment utilisé le terme de « génocide » pour décrire les opérations militaires menées par l’armée israélienne à Gaza, suscitant des réactions vives. Plusieurs associations et responsables politiques, tant en France qu’à l’étranger, ont dénoncé ces qualificatifs et saisi la justice.
Les réactions avant le jugement
Alors que le monde judiciaire s’apprête à examiner cette affaire, la mobilisation citoyenne prend de l’ampleur. Les organisateurs du rassemblement prévu mardi espèrent une forte affluence pour montrer leur opposition à ce qu’ils perçoivent comme une « dérive répressive ». Le procès doit se tenir en audience publique. La décision du tribunal correctionnel n’est pas attendue avant plusieurs semaines. L’affaire intervient dans un climat politique tendu, où plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une criminalisation du discours militant sur la Palestine.