Concession sans contestation

Spencer Pratt, candidat républicain à la mairie de Los Angeles et ancienne figure de la téléréalité, a mis fin à sa campagne sans remettre en cause les résultats du scrutin. Dans une vidéo publiée vendredi sur les réseaux sociaux, il a annoncé que la phase électorale de son entreprise pour « sauver » la ville touchait à son terme, sans évoquer de fraude.

Selon les données publiées par l'agence Associated Press, Pratt a terminé à la troisième place de la primaire, récoltant environ un quart des suffrages. La maire sortante Karen Bass et la conseillère municipale Nithya Raman, toutes deux démocrates, se sont qualifiées pour le second tour prévu en novembre. L'écart de voix entre Pratt et Raman était suffisamment net pour que les médias américains projettent sa défaite dès le début de la semaine.

Les allégations non étayées de Donald Trump

Le président Donald Trump avait pourtant, pendant plusieurs jours, cité la défaite de Pratt comme un exemple de fraude électorale à Los Angeles, sans apporter la moindre preuve. Il s'interrogeait sur le fait que Pratt soit apparu en deuxième position dans les résultats partiels le soir de l'élection, avant de glisser à la troisième place dans les jours suivants. Les autorités électorales de Californie ont rappelé que l'État prend généralement plus de temps que la plupart des autres à compter les bulletins de vote, en raison notamment du volume important de votes par correspondance déposés tardivement par les électeurs. La vidéo de concession de Pratt n'a fait aucune référence à ces accusations présidentielles.

Un ton offensif mais tourné vers l'avenir

Dans sa vidéo d'adieu politique, Pratt a multiplié les attaques contre ses deux adversaires, qualifiant le choix offert aux électeurs de « duel entre l'idiot et le plus idiot ». La vidéo, qui dure un peu plus de trois minutes, est marquée par un montage nerveux, des images apocalyptiques et une bande-son discordante. Il n'a pas annoncé son intention de se retirer de la vie politique locale pour autant. « Je ne me suis pas lancé dans cette aventure pour le pouvoir politique, mais pour dénoncer cette machine corrompue, et rien n'a changé », a-t-il déclaré. « Je ne suis plus entravé par les lois électorales. C'est la guerre. »

Cette déclaration suggère que Pratt entend poursuivre ses critiques contre les institutions municipales par d'autres moyens que le cadre électoral, sans préciser la nature des actions à venir. Il n'a pas non plus apporté son soutien à l'une ou l'autre des candidates démocrates pour le second tour.

Un contexte électoral tendu

Cette séquence intervient dans un climat politique déjà polarisé à Los Angeles, où la gestion des incendies et de la crise du logement ont dominé les débats de la primaire. Spencer Pratt, connu pour avoir participé à l'émission « The Hills », avait construit sa campagne sur un discours antisystème, dénonçant la corruption des élites locales et promettant un changement radical. Il n'avait pas hésité à utiliser son image médiatique pour attirer l'attention sur sa candidature, ce qui lui avait valu une couverture médiatique inhabituelle pour un candidat républicain dans une ville solidement démocrate.

Karen Bass et Nithya Raman s'affronteront donc en novembre dans une ville qui reste acquise au Parti démocrate, mais où la colère des électeurs et la défiance envers les institutions pourraient peser sur le scrutin.