L’ancienne vedette de l’émission de téléréalité « The Hills », Spencer Pratt, a officiellement lancé sa campagne pour devenir maire de Los Angeles. Connu pour son rôle de « méchant » dans la série à succès de MTV, Pratt se présente désormais comme un candidat antisystème, tirant profit de son expérience de sinistré des incendies qui ont ravagé le quartier de Palisades en janvier 2025. Il critique régulièrement l’administration municipale, qu’il accuse d’incompétence face aux catastrophes naturelles et aux problèmes chroniques de la métropole californienne.
Sa candidature repose avant tout sur un discours émotionnel et populiste. Dans ses interventions télévisées et sur les réseaux sociaux, il évite soigneusement de détailler des propositions concrètes en matière de logement, de transports ou de sécurité. Les observateurs notent que son programme se limite à des formules vagues comme « rendre Los Angeles à ses habitants » ou « mettre fin au chaos ». Cette absence de substance n’a pas empêché sa cote de popularité de grimper dans certains sondages, notamment auprès des électeurs las des promesses non tenues des élus traditionnels.
Pratt, qui a bâti sa notoriété sur des scandales et des coups médiatiques, utilise désormais son statut de victime des incendies comme principal argument de campagne. Il a perdu sa maison dans les flammes et affirme avoir été mal soutenu par les services municipaux. Cette expérience personnelle lui sert à incarner la colère d’une partie de la population qui estime que la ville est mal gérée. Pourtant, aucun plan crédible de prévention ou de reconstruction n’a été présenté par le candidat.
La stratégie de communication de Pratt consiste à multiplier les apparitions dans les médias locaux et à inonder les écrans de publicités politiques. Selon des témoignages recueillis dans la ville, même des enfants en bas âge, exposés à ces spots, auraient retenu une image négative du candidat. Un père de famille a raconté que son fils de six ans lui avait demandé de ne pas voter pour Pratt parce qu’il « a entendu dire que c’est un type méchant ». Ce type d’anecdote illustre la réputation sulfureuse que traîne l’ex-star de la téléréalité.
La campagne de Pratt s’inscrit dans un contexte de défiance généralisée envers la classe politique californienne. Plusieurs scandales récents impliquant des élus locaux ont alimenté le sentiment que le système est corrompu ou inefficace. Pratt surfe sur cette vague en se présentant comme un homme neuf, bien que son passé soit marqué par des polémiques et des accusations de comportements douteux. Il refuse pour l’instant de participer à des débats contradictoires, préférant des meetings filmés où il répond aux questions de sympathisants triés sur le volet.
Les autres candidats en lice, issus de la gauche et du centre, peinent à trouver une réponse face à cette agitation médiatique. Certains estiment que la candidature de Pratt est une farce, d’autres la prennent au sérieux car elle pourrait diviser l’électorat et faire basculer l’élection. La mairie de Los Angeles, l’une des plus puissantes des États-Unis, gère un budget de plusieurs milliards de dollars et des enjeux majeurs comme le logement, les transports ou la lutte contre les incendies.
À ce stade, aucun institut de sondage ne donne Pratt en tête, mais sa notoriété et sa capacité à mobiliser les médias lui assurent une visibilité que beaucoup de candidats traditionnels lui envient. Son avenir politique dépendra de sa capacité à transformer cette exposition en votes concrets, alors que le scrutin se déroulera dans quelques mois. En attendant, la campagne de Spencer Pratt continue de diviser Los Angeles, entre ceux qui y voient une plaisanterie et ceux qui y voient le symptôme d’une démocratie en crise.