C'est une communication très attendue, mais qui soulève autant de questions qu'elle n'apporte de réponses. La Crosse Technology a finalement brisé le silence, le 1er juin 2026, en publiant un communiqué officialisant l'arrêt définitif du service StarMeteo. Les stations météo de la gamme WD, commercialisées entre 2007 et 2021, ne recevront plus jamais aucune donnée météorologique. Le fabricant américain confirme ainsi que la panne survenue le 10 mai 2026 est irréversible.

Chronologie d'une débâcle

Dans son texte, La Crosse Technology détaille la chronologie des événements. Le réseau de diffusion radio qui alimentait les appareils, exploité par la société e*Message France, a cessé d'émettre « brutalement et sans préavis », selon le communiqué. Le constructeur affirme n'avoir été informé de cette rupture définitive que le 29 mai, soit le lendemain de la publication d'une enquête journalistique sur le sujet. Il précise aussi que la communication avec les différents acteurs impliqués a été « particulièrement difficile ».

Plusieurs zones d'ombre demeurent. La Crosse Technology indique n'avoir appris la liquidation judiciaire d'e*Message France qu'à la mi-mars 2026. Or, cette procédure était inscrite au BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales) dès la fin janvier de la même année, soit six semaines avant que le fabricant ne s'en préoccupe. Un délai que de nombreux observateurs jugent difficilement excusable pour une entreprise commercialisant des produits dépendant de ce prestataire.

Déni de responsabilité

Le point central du communiqué réside dans la tentative de dédouanement de La Crosse Technology. Le fabricant affirme qu'e*Message France était une société « totalement indépendante », avec laquelle il n'aurait « jamais eu de relation contractuelle ni aucun lien commercial direct ». Autrement dit, le constructeur des stations StarMeteo – une marque qui lui appartient – déclare n'avoir passé aucun accord formel avec l'opérateur qui en assurait le fonctionnement.

Cette position est difficile à concilier avec les déclarations antérieures de Philippe Dubus, PDG d'Assmann SAS, la société qui a racheté les actifs d'e*Message France après sa liquidation. Selon lui, StarMeteo est bien une propriété de La Crosse Technology, ce qui rendrait surprenant que son propriétaire n'ait eu aucun lien avec le sous-traitant chargé de diffuser les prévisions météo sur ses appareils.

Des centaines de milliers d'utilisateurs abandonnés

Les conséquences pratiques sont lourdes. Les stations météo de la gamme StarMeteo WD, vendues principalement en France, sont devenues totalement inopérantes. Des consommateurs se retrouvent avec un appareil électronique inutilisable, sans aucune perspective de mise à jour ou de compensation.

Parmi eux, Yves, un habitant de la Mayenne, avait acheté sa station en février 2022 chez un distributeur, en toute ignorance de la situation. Il a témoigné auprès de la presse de sa déception face à un produit devenu obsolète du jour au lendemain. La Crosse Technology précise avoir cessé la fabrication et la vente de ces modèles dès 2021. Si des exemplaires ont continué à être écoulés après cette date, le constructeur renvoie la responsabilité aux revendeurs qui auraient vidé leurs stocks.

Aucune solution à l'horizon

Le communiqué ne propose aucune solution concrète pour les utilisateurs concernés. Pas de réparation, pas de remplacement, pas d'indemnisation. La Crosse Technology semble considérer le dossier clos, tout en reconnaissant implicitement que les appareils sont définitivement condamnés.

Cette affaire met en lumière la fragilité des objets connectés dépendant de services tiers. Les consommateurs, qui avaient investi dans ces stations météo, se retrouvent aujourd'hui avec un déchet électronique. Les associations de défense des consommateurs pourraient être amenées à se saisir du dossier, d'autant que la chronologie et les liens contractuels restent flous.

Reste à savoir si d'autres actions en justice ou médiatiques suivront. Pour l'heure, des dizaines de milliers de foyers doivent se résoudre à remplacer leur station météo, sans aucun soutien du constructeur.