Stellantis franchit une nouvelle étape dans l’électrification de sa gamme en lançant des véhicules full hybrides. Cette technologie, déjà adoptée par des concurrents comme Renault et Toyota, se positionne entre l’hybride simple (mild hybrid) et l’hybride rechargeable (plug-in hybrid).
Qu’est-ce que le full hybride ? Le full hybride, ou hybride non rechargeable, repose sur un moteur thermique et un moteur électrique capables de fonctionner seuls ou ensemble. Contrairement au mild hybrid, qui ne peut pas rouler en mode 100 % électrique sur de longues distances, le full hybride permet des trajets urbains courts entièrement électriques. La batterie se recharge automatiquement grâce au freinage régénératif et au moteur thermique, sans nécessiter de prise électrique.
Les différences avec l’hybride simple et rechargeable
- Hybride simple (mild hybrid) : Le moteur électrique assiste le thermique pour réduire la consommation de carburant, mais ne peut pas propulser seul le véhicule sur une distance significative (quelques centaines de mètres tout au plus). La batterie est petite et se recharge pendant la décélération.
- Full hybride : Le moteur électrique peut propulser la voiture seul à basse vitesse (jusqu’à environ 50 km/h) sur plusieurs kilomètres. Le système hybride gère automatiquement le passage entre le thermique et l’électrique pour optimiser la consommation en ville.
- Hybride rechargeable : Batterie de plus grande capacité (souvent 10 à 15 kWh) pouvant être branchée sur une prise électrique. L’autonomie en mode électrique atteint 50 à 80 km, permettant de parcourir la plupart des trajets quotidiens sans utiliser le moteur thermique. En revanche, une fois la batterie déchargée, la consommation peut être plus élevée que celle d’un full hybride à cause du poids supplémentaire.
Avantages du full hybride selon Stellantis Le système full hybride de Stellantis promet une réduction de la consommation de carburant d’environ 20 % en cycle mixte par rapport à un moteur thermique classique. En ville, le gain peut atteindre 30 % grâce aux phases de roulage électrique. De plus, il n’oblige pas le conducteur à changer ses habitudes : pas de recharge externe, pas de crainte de panne sèche.
Inconvénients Le full hybride reste plus cher qu’un moteur thermique seul et un peu plus complexe en entretien. En outre, sur autoroute, le gain en consommation est moindre car le moteur électrique ne peut pas assurer la propulsion en continu. Le surpoids du système hybride (batterie, moteur électrique) ne compense pas toujours les économies réalisées en carburant.
Les modèles concernés chez Stellantis Le groupe n’a pas encore détaillé la liste complète des modèles équipés de cette technologie. Cependant, il est attendu que plusieurs marques du groupe (Peugeot, Citroën, Opel, DS, Fiat, Jeep, etc.) proposent des versions full hybrides dans les mois à venir. Le lancement vise à élargir l’offre électrifiée sans passer par le coût élevé d’une batterie rechargeable.
Pourquoi Stellantis a-t-il attendu ? Stellantis misait jusqu’à présent sur l’hybride rechargeable et les véhicules électriques purs. Mais face à la forte demande des clients pour des solutions plus accessibles sans dépendre des bornes de recharge, le groupe accélère sur le full hybride. Cette technologie permet aussi de réduire les émissions de CO2 sans recourir systématiquement aux investissements massifs nécessaires aux batteries de grande taille.
Comparaison avec Renault et Toyota Renault (avec la technologie E-Tech) et Toyota (avec le système Hybrid Synergy Drive) étaient déjà bien implantés sur le segment full hybride. Stellantis espère rattraper son retard grâce à des motorisations conçues pour ses plateformes modulaires, permettant une intégration dans un large éventail de véhicules.
Enjeux pour le marché automobile Le lancement du full hybride par Stellantis reflète une tendance généralisée : les constructeurs cherchent à offrir des motorisations électrifiées moins coûteuses que les hybrides rechargeables, tout en restant compétitifs face aux voitures thermiques. En Europe, la pression réglementaire pour réduire les émissions de CO2 pousse les groupes à diversifier leurs offres.