Un Suédois de 63 ans a été condamné, ce mardi 16 juin, par le tribunal d’Ångermanland à une peine de plusieurs années d’emprisonnement pour avoir prostitué son épouse. Le jugement, initialement attendu le 9 juin, avait été reporté en raison de la complexité et du volume du dossier, comme l’a expliqué un porte-parole de la juridiction.
Les faits, qui se sont déroulés entre 2022 et 2025, ont été qualifiés de « proxénétisme aggravé » et de « viols » par le parquet. L’homme est accusé d’avoir mis en ligne des annonces, négocié des rendez-vous et supervisé des prestations sexuelles que sa femme aurait été contrainte d’accomplir. Selon l’acte d’accusation, près de 120 hommes auraient eu recours à ses services.
Une affaire qui rappelle les viols de Mazan
Ce dossier a suscité une vive émotion en Suède et au-delà, en raison des similitudes avec l’affaire dite des viols de Mazan, dans laquelle une femme avait été droguée par son mari et livrée à des inconnus. Dans le cas présent, la procureure Ida Annerstedt a souligné que la victime se trouvait dans une « situation de vulnérabilité » marquée par la consommation de drogues et d’alcool, ainsi que par « une peur profonde » à l’égard de son conjoint.
L’accusé, qui a toujours contesté les faits, encourait jusqu’à dix ans de réclusion. La partie civile avait réclamé 1,1 million de couronnes suédoises — soit environ 100 000 euros — en réparation du préjudice subi.
Une législation suédoise spécifique
En Suède, la législation relative à la prostitution est singulière : elle criminalise l’achat de services sexuels, mais pas la vente. Les personnes qui se prostituent sont juridiquement considérées comme des victimes d’exploitation. Cette approche, adoptée depuis plusieurs années, vise à protéger les personnes vulnérables tout en pénalisant les clients et les proxénètes.
L’homme a été arrêté en octobre 2025 après que son épouse a signalé les faits aux autorités. Le verdict de ce mardi met un terme à une procédure judiciaire qui avait attiré l’attention des médias et des associations de défense des droits des femmes.